PARIS, 15 avril 2008 (AFP) –
Plusieurs associations et syndicats ont lancé mardi un appel à une mobilisation « citoyenne » pour « donner un sens au service public » menacé selon eux par une « vaste opération de destruction ».
« Cet appel est un instrument de mobilisation, pas seulement syndicale mais citoyenne, pour que les Français puissent débattre et s'exprimer sur le service public », a déclaré Gérard Aschieri, responsable de la FSU, lors d'une conférence de presse, réunissant les organisateurs de l'opération: CGT-fonction publique, Solidaires, Attac, AC Le Feu, Fondation Copernic, etc.
« De fusion en restructuration, d'externalisation en privatisation et de flexibilité en précarité, une vaste opération de destruction des fondements du service public et de la fonction publique s'accélère sous nos yeux », affirme le collectif dans une pétition « le service public est notre richesse » mise en ligne (http://service-public-notre-richesse.fr).
La pétition a d'ores et déjà reçu la signature d'une soixantaine de personnalités dont Bernard Thibault (CGT), Annick Coupé (Solidaires), Bernard Derosier, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, Jean-Pierre Dubois (Ligue des droits de l'Homme) ou encore Patrick Pelloux (Amhuf, urgentistes).
« Le statut de la fonction publique s'appuie sur des principes républicains solides qui sont aujourd'hui remis en cause. Cette offensive met à bas la conception française du service public, il n'est pas possible de brader ce patrimoine », estime l'ancien ministre de la Fonction publique Anicet Le Pors, également signataire de la pétition.
Le collectif dénonce notamment la Révision générale des politiques publiques (RGPP) « préparé par de hauts fonctionnaires et des cabinets privés qui déterminent de manière secrète les besoins, les doublons, les restructurations », a expliqué M. Aschieri.
« Nous disons oui à un débat sur les besoins du service public mais de façon démocratique et publique », a-t-il ajouté.
Ce vaste chantier du gouvernement lancé à l'été 2007 vise à moderniser la fonction publique et à réduire les dépenses publiques en supprimant un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, également associé à l'appel, a condamné quant à lui « l'hypocrisie du gouvernement qui creuse le déficit public par une politique fiscale injuste et dénonce le service public comme le responsable de la situation dégradée du pays ».
« Nous voulons donner un sens au service public qui peut permettre de résoudre les problèmes sociaux, éducatifs », a-t-il conclu.