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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


Au cinéma ce soir

Publié par prs 57 sur 5 Février 2008, 00:00am

Catégories : #un peu de ciné - de lecture - de culture

Un Festival pas pour les riches, nous on aime bien ! …

Le festival Télérama, ça a du bon, quoi qu’en dise les esprits chagrins qui nous traitent de « bobos ». D’abord, ça donne la parole aux lecteurs, ce qui par les temps qui courent n’est déjà pas si banal... ensuite, ça permet de voir des films qui t’auraient échappé quand ils sont sortis, ou d’en revoir, pas mal non plus, et enfin, tout ça pour 3 € la place, c’est pas sympa, une idée comme celle-là ?

La semaine dernière, donc, voilà le festival en question qui rapplique sur nos écrans. Deux films vus et même revus. Dans un premier temps « la Vie des Autres ». Un sacrément bien fichu moment de cinéma. Comme son nom le raconte, c’est un type, un flic, pour tout vous dire, et de la pire espèce, un sbire de la Stasi, voyez un peu le genre, froid comme une lame, un regard dépeçant, et l’oreille assortie… Ce gars-là, son boulot, c’est d’écouter, d’espionner, avec tout le raffinement qu’on peut imaginer dans la RDA de ce temps-là. Ce temps justement, on pourrait le croire tout de suite après la construction du mur. Pas du tout, en 84 ça se passe. Juste comme Gorbatchev va arriver. Les autres, dans l’histoire, ceux dont la vie intéresse en haut lieu, c’est un couple d’artistes, lui un dramaturge de qualité, elle une actrice, de qualité aussi, ils se vont comme des gants ces deux-là… Sauf qu’il y a comme une faille dans leur système, dans le système tout entier, d’ailleurs… La faille, c’est qu’un ministre s’est entiché de la belle, et qu’il va bien entendu chercher à faire capoter l’histoire d’amour. Comme disait le regretté Fred Chichin, les histoires d’amour finissent mal en général…  On met sur le coup le champion local du micro et des écouteurs. Il va, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, truffer le nid d’amour d’un véritable studio d’enregistrement. Voilà, tout est dit, ou presque. À partir de là, on va plonger dans la noirceur, la lâcheté, les renoncements sordides… Jusqu’à ce qu’une troisième histoire d’amour, beaucoup moins attendue cette fois vienne gripper la machine… Ce qui serait vraiment moche, là, c’est que je vous raconte la suite et même la fin. Non, sachez seulement que le mur va tomber, mais ça vous le saviez déjà, que les locaux de la Stasi seront transformés en musée des archives, que l’anti-héros absolu s’avère moins sombre pourri qu’on ne l’aurait cru, même si… Rien ne s’arrange, les gens meurent pour rien, les amoureux se perdent et leurs amours s’éteignent, ou pas, c’est à voir… Mais ce qui est sûr, c’est que dans ce pays-là, froid, gris, lugubre, où l’espion de base oublie dans l’amour tarifé sa pauvre vie de fonctionnaire misérable, même dans ce pays-là, on pouvait aimer, faire la fête et lire Brecht. Sur la fin, on va s’offrir une plongée dans le Berlin de maintenant, vous savez, le Berlin libre de l’après-communisme, le Berlin des lumières… le Berlin des chômeurs. Pas facile facile la reconversion, on s’en doutait un peu. Voilà, mes camarades, ce récit de désespoir, certains y ont vu une allégorie des régimes de derrière le Rideau de cette époque. Moi, j’y ai lu un destin ravagé, des êtres qui dorment ensemble et ne savent pas grand-chose de l’autre, des murs faits pour être franchis, des vrais et des virtuels, ceux-ci n’étant pas les plus simples à sauter, mine de rien. Et puis, enfin, tu sors tout bizarre de la salle… 1984, n’est-ce pas, Big Brother et Orwell ne sont jamais bien loin, même dans nos contrées d’infinie liberté. En douce, dans la tête, l’idée fera son chemin, et les caméras qui soi-disant nous rassurent au carrefour, et la frontière si mince entre sécurité et espionnage, et le soupçon de l’ « autre » érigé en système. Si, en sortant de là, la conscience politique n’a pas ébloui les yeux, on ne sait pas bien ce qu’il faudra inventer. Bien sûr, on peut aussi se contenter de l’histoire d’amour et de mort, mais franchement, c’est ailleurs que ça se passe. Retenez bien ce nom-là, même s’il n’est pas évident : Florian Henckel von Donnersmarck. Ce garçon va encore nous étonner, il est du bois dont on fait les Ken Loach et les Mike Leigh. C’est pour vous dire !

Et puis, une dernière chose : Ülrich Mühe, le « héros » du film (si on peut dire… Et puis, oui, on peut dire, finalement) il est mort l’été dernier. Vous savez quoi ? Dans la vraie vie, ce type, il était réellement fliqué par la Stasi…

 L’autre film ? Oh, un petit morceau de détente. On vous dira, demain, ou après-demain.. Rien à voir avec ce qui précède, mais un joli moment tout de même. Vous verrez.

brigitte blang pour prs 57

 

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