Ce lundi 22 octobre, Métro Guy Môquet, à Paris, le PCF et
Bande de béton coincée entre la rue Marcadet et la bruyante avenue de Saint-Ouen, la sortie du métro Guy Môquet, à la lisière des XVIIe et XVIIIe arrondissements de Paris, n’a finalement rien pour plaire. Mais en ce 22 octobre 2007, le nom même de Guy Môquet prend une résonance toute particulière. Et avec lui, jour de symbole oblige, les lieux qui saluent sa mémoire.
C’est en tout cas ce carrefour qu’avaient choisi, entre midi et deux, le Parti communiste et
Le portrait du juvénile héros s’affiche aux quatre coins de la placette. Etrangement, sa fameuse et émouvante lettre ne figure nulle part. Au contraire d’autres missives de fusillés ou encore de l’Appel du 18 Juin du Général de Gaulle, qui complètent un décorum somme toute spartiate. A la hâte, un vendeur ambulant dresse une table et y pose dessus des exemplaires de Guy Môquet, une enfance fusillé de Gérard Streiff. Prix de vente, 10 euros. L’homme connaît visiblement moins de succès que les vendeurs de L’Humanité du jour...
A la tribune, abritée par un modeste chapiteau dressé pour l’occasion, les orateurs se succèdent. Parfait sosie de Léo Ferré, le comédien Jacques Mignot ouvre le ban et déclame avec éloquence deux poèmes "classiques" de
"Résister encore et toujours à l’oppression, c’est pleinement d’actualité."
Aussi sage qu’âgée, l’assistance goûte avec plaisir les propos engagés déclamés sur l’estrade, gratifiant même certaines envolées d’applaudissements nourris quoique engourdis par le froid glacial qui s’empare des lieux. D’une cinquantaine à midi, la foule n’a cessé de croître au fil des minutes. Quand Marie-George Buffet prend la parole, le public déborde allègrement sur la rue. "Il y avait au moins 700 personnes", confie à la fin de la cérémonie Laurent Klajnbaum, un brin optimiste. A vue de nez, quelque 300 personnes ont en réalité répondu à l’appel du PCF et consorts. Les jeunes ne font figure que d’une toute petite minorité, la plupart appuyés à leur grand drapeau rouge vif imprimé du logo du MJC, les jeunes communistes. "Un lundi, en semaine, ce n’est pas facile de mobiliser les lycéens et étudiants", concède Cédric Clérin. "Mais ce matin quand nous sommes allés ‘tracter’ devant les établissements scolaires nous avons reçu un très bon accueil", rééquilibre-t-il, tout en se félicitant de "la présence en nombre de jeunes, dimanche, à Châteaubriant pour l’hommage aux 27 fusillés".
Nul doute que le jovial leader du MJC, barbe de trois jours et look débraillé, a également dû apprécier l’intervention opportune de deux élèves du lycée Carnot, celui-là même que fréquentait Guy Môquet avant de s’en aller vers son héroïque destin. Comme l’immense majorité des professeurs de l’établissement, elles ont refusé de lire (ou d’écouter) la dernière lettre du résistant et de jouer le jeu de Nicolas Sarkozy, lequel, face à la fronde, a préféré renoncer au périlleux déplacement pourtant prévu dans la matinée. "Apolitique", l’une des deux camarades sert au public un discours enflammé et parfaitement exécuté. L’autre relate ce qui deviendra le fil rouge du rassemblement : sa maman, "d’origine colombienne", a été embarquée par la police au commissariat du XVIIe en raison du "tapage" que provoquaient les deux adolescentes dans le métro. "Un délit de faciès" qui fait réagir la foule militante. "On y va !" scandent certains, qui retrouvent pour l’occasion une fougue intacte. Calme dans la tempête, l’impeccable Laurent Klajnbaum intervient : les élus communistes de l’arrondissement ont pris l’affaire en main.
Une demi-heure plus tard, les choses sont entendues. Grâce à l’intervention de Nicole Borvo Cohen-Seat, présidente du groupe communiste au Sénat, tout est rentré dans l’ordre. Salve d’applaudissements dans le public.
13h45, le rassemblement, amputée de la prestation de la chorale populaire de Paris, initialement prévue, touche à sa fin. Bernard et Denise ont apprécié. Casquette de marin vissée sur la tête et badge "Parti communiste français" agrafé sur le coeur, l’informaticien à la retraite, également "cégétiste", estime que seule l’époque a changé. Les combats passés et actuels sont, eux, restés les mêmes : "Résister encore et toujours à l’oppression, c’est pleinement d’actualité." Denise, militante communiste depuis
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