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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


ségolène en voyage...

Publié par prs 57 sur 27 Octobre 2007, 23:00pm

Catégories : #un petit tour chez les socialistes

 

Ignifugée

laurent joffrin

QUOTIDIEN : lundi 22 octobre 2007

Le cauchemar des éléphants continue. L’appel de Rome lancé par Ségolène Royal dans ces colonnes n’est certainement pas fait pour ramener la sérénité dans la jungle solférinesque. On pouvait croire la dame découragée par la salve de missiles tirés par les artilleurs socialistes, trop meurtrie par les réquisitoires qui mettent en cause sa compétence pour ne pas gamberger. Il n’en est rien. Impavide et immarcescible, elle continue de faire la leçon à ses camarades. Cette Jeanne d’Arc est ignifugée…

Ses adversaires au PS se souviennent de ses erreurs pendant la campagne. Ils rappellent qu’elle n’a pas su – ce fut l’origine de sa défaite – dissiper les soupçons qui pesaient sur sa capacité à exercer la fonction. Mais ils oublient trop souvent qu’elle a été désignée par 60 % des militants en grande partie parce qu’elle avait su, mieux que d’autres, dénicher les saints de sa paroisse. La même stratégie gouverne désormais sa conduite. Avant tout, dit-elle aux socialistes, soyez modernes. Foin des catéchismes, ouvrez les fenêtres, regardez dehors, changez principes et programmes ! Quel est le contenu de cette modernité débridée ? La chose reste à préciser par un travail de fond. Mais s’ils ne veulent pas endosser l’habit des grincheux, incarner la coalition des immobiles, les socialistes ne pourront pas se contenter de se serrer autour de l’antique totem en agitant des amulettes mitterrandiennes. La rénovation du PS est l’étape qui conditionne toute opposition crédible. S’ils ne bougent pas, les socialistes laisseront Royal seule en piste. Ils ont déjà donné…

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/286434.FR.php

Rome, son beau miroir

Royal à la pêche aux recettes auprès des démocrates italiens.

Éric Jozsef et David Revault d’Allonnes

QUOTIDIEN : lundi 22 octobre 2007

«Regarde, c’est là que Marc-Antoine prononça l’oraison funèbre de César après son assassinat.» Entre Walter et Ségolène, le rendez-vous avait été fixé au Capitole, siège de la mairie de Rome, juste au-dessus du forum antique. Mais davantage que de vestiges, c’est bien d’avenir politique dont il a été question vendredi entre l’ex-candidate et le futur champion de la gauche italienne. «Il y avait trop d’archaïsme. Il faut donner l’idée que nous regardons vers l’avenir», explique à son invitée le tout nouveau leader du Parti démocrate italien.

A l’évidence, Ségolène Royal est intéressée au plus haut point par le cas Walter Veltroni. Elle l’a immédiatement appelé après sa désignation à la tête de la nouvelle formation, le 14 octobre, à la suite de primaires. Une urbanité à laquelle le maire de Rome, apprenant que l’ex-candidate se déplaçait à Florence, n’a pas manqué de répondre en l’invitant à faire un crochet dans sa capitale.

L’homme le plus populaire de la gauche transalpine est décidément la personnalité que les leaders socialistes français, en ces temps troublés, s’arrachent: Bertrand Delanoë, principal concurrent de Royal dans la compétition socialiste, s’était déjà affiché à ses côtés, fin août, soulignant le parallèle entre son action et celle de son homologue italien…

Audaces. «C’est la première fois dans l’histoire de l’Europe qu’il y a des élections primaires pour fonder un parti», s’enthousiasme Ségolène Royal, pour qui les audaces de la gauche italienne apportent de l’eau à son moulin politique. Parce que le PD, fruit d’une fusion entre Démocrates de gauche (ex-communistes) et centristes du parti de la Marguerite (gauche démocrate chrétienne), résonne avec le débat sur le rapprochement entre centristes et socialistes français, lancé dans l’entre-deux tours de la présidentielle. Et parce que la primaire à l’italienne, où plus de trois millions de sympathisants ont, moyennant un euro, élu le président de la nouvelle formation, lui fournit un argument de poids alors que le canal historique du PS français s’effraie de son évolution vers un «parti de supporters». Autant d’innovations dont l’ex-candidate «espère qu’elles traverseront les Alpes…»

Placard. Walter Veltroni verse dans l’autosatisfaction: «Tu as vu, des millions de gens ont voté, payé, fait la queue… C’est extraordinaire!» Et d’assurer: «On a fait un parti. Tous ensemble. On n’a pas choisi un candidat», jure le consensuel Veltroni qui, à travers ces primaires, s’impose pourtant comme le candidat à la succession de Romano Prodi. Ségolène Royal, elle, se rencarde: «Et sur le choix du nom, il y a eu débat? Ça a été bien accepté de voir retirer le mot gauche?» Et puis, bien sûr, il y a la question des délais: «A ton avis, c’est l’aboutissement de combien d’années d’efforts?» «On avait besoin de ranger dans les placards certaines choses du passé», répond Walter, avant d’entraîner Ségolène de l’autre côté de la ville.

Direction le scintillant Festival de cinéma de Rome, créé par le maire, où Royal défile sur un énorme tapis rouge. S’attarde devant une muraille de photographes. Et prend place aux côtés de Walter Veltroni et de Francesco Rutelli, ministre des Biens culturels. Non loin, il y a Goffredo Bettini, éminence grise du maire, et Gianni Letta, celle de Silvio Berlusconi. A quelques sièges de là, la star australienne Cate Blanchett,vedette de l’équipe du film du soir Elizabeth, l’âge d’or, où l’on assiste aux rudes combats de la reine d’Angleterre – transformée pour l’occasion en une Jeanne d’Arc d’outre-Manche- qui régna dans un monde d’hommes face aux assauts de la contre-Réforme et de l’Inquisition.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/286436.FR.ph

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