Un rassemblement d’ampleur pour défendre l’école
Éducation. Quinze organisations ont signé un appel solennel contre les réductions budgétaires drastiques. Elles envisagent une mobilisation nationale.
Nicolas Sarkozy, l’hyper président, va écrire à tous les enseignants à l’occasion de la rentrée scolaire. Selon son premier ministre, il « témoignera » dans cette missive « de son soutien et livrera sa conception de l’école ». Combien pèsera cette délicate attention face à l’exaspération du monde de l’éducation ? Jeudi soir, un collectif de quinze organisations rendait public un texte commun, adressé au gouvernement, qui ressemblait fort à une mise en garde.
Stigmatisant une « saignée inacceptable » sans précédent, une « régression jamais vue dans l’éducation » (la suppression de 11 200 postes au budget 2008), six fédérations (FSU, UNSA éducation, SGEN CFDT, FERC CGT et FAEN, FNEC FP FO) de l’Éducation ont reçu le soutien de parents d’élèves (FCPE), de syndicats étudiants (UNEF, Cé), de lycéens (UNL, FIDL) et de mouvements pédagogiques (CRAP Cahiers pédagogiques) pour solennellement interpeller le président de
Les syndicats de l’éducation savent d’expérience qu’il est difficile de mobiliser les troupes sur des suppressions de postes au budget de l’année suivante au moment où chaque enseignant fait connaissance avec ses élèves et organise son année. L’initiative commune n’en a que plus d’importance. D’autant que les syndicats vont pren- dre part à la concertation sur la « revalorisation de la condition enseignante », qui sera lancée en septembre par le ministre de l’Éducation, sans nourrir de grands espoirs mais forts de l’unité syndicale qui, en 2006-
Le SNES-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, et signataire de l’appel solennel commun, dans sa conférence de rentrée, hier, a, à ce propos, mis en garde contre « toute tentative d’allongement du temps de travail » des profs. Évoquant l’appel commun, la secrétaire générale, Frédérique Rolet, détaillant ses revendications, a précisé que les syndicats « ne demandent pas des moyens pour des moyens ». Quelques heures plus tôt, le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, sur France 2, avait souhaité « mettre de l’autonomie, de l’initiative partout plutôt que de croire qu’il faut injecter massivement des moyens, aveuglément ». C’est en toute clairvoyance, en revanche, que le ministre retire, massivement, des moyens à l’école.
Dany Stive