Le secrétaire d’État UMP Roger Karoutchi avait comparé, samedi 16 février dans une réunion publique les "attaques" contre Nicolas Sarkozy [la publication du SMS de Nicolas Sarkozy à Cécilia Ciganer, NDLR] à celles subies par Jean Zay « mi juif, mi protestant » cible de la presse d’extrême-droite sous le gouvernement de Vichy.
Hélène Mouchard-Zay, la fille de Jean Zay lui répond.
« Fille de Jean Zay, née en 1940, je n’ai connu mon père que dans la prison de Riom où l’avait jeté le régime de Vichy jusqu’à son assassinat par des miliciens en 1944.
Un journaliste du Nouvel Observateur nous apprend que Roger Karoutchi "n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay "mi juif, mi protestant" cible de la presse d’extrême-droite sous le gouvernement de Vichy."
Et Karoutchi aurait même ajouté : « Ceci a contribué au fait qu’il soit assassiné. »
Je ne peux taire mon écœurement devant cette assimilation entre, d’un côté, les mises en cause du comportement politique de Sarkozy et, de l’autre, les attaques antisémites et les appels au meurtre dont Jean Zay fut la cible dès les années 30 et qui, se poursuivant sous Vichy alors qu’il était emprisonné, le désignèrent aux coups de ses assassins.
Que Karoutchi s’abandonne à un total confusionnisme politique et historique, c’est son affaire, et chacun pourra en penser ce qu’il voudra. Mais je refuse à ce Monsieur le droit d’instrumentaliser l’histoire tragique et la mémoire de mon père.
Hélène Mouchard-Zay »
(C’était un samedi d’août en 1993. Hélène Mouchard-Zay mariait Pierre et Sylvette, des copains, en la mairie d’Orléans. Ça me faisait tout bizarre, ce jour-là, de me dire que, quelque part, je côtoyais l’histoire. Quand même, la fille de Jean Zay, ça faisait son petit effet, pouvez me croire. Mais certains jours, on se demande, et ceux qui sont mi imbéciles, mi stupides ? On en fait quoi ? Vous allez voir, ils vont oser tout et aussi le reste. Bientôt ce sera Salengro. Sans vergogne.)