Mercredi 28 novembre, un atelier de lecture a réuni à Sarralbe une dizaine de personnes. Pas si mal pour une première expérience.
Sujet du jour : le traité modificatif européen. Rude tâche, tant le texte est touffu, dense, limite ésotérique pour de pauvres travailleurs ayant une grosse journée de boulot derrière eux, y compris les deux animateurs ! Et pour certains, un énorme dossier « réductions d’emplois » dans la musette. Néanmoins et malgré leurs inquiétudes si concrètes, si vitales, trois de nos amis syndicalistes à Inéos nous ont accompagnés de leur participation efficace et éclairée. Nous avons déjà évoqué ici les problèmes qui frappent ce creuset d’emplois dans notre ville*. Les postes directement menacés, les retombées inéluctables sur le bassin tout entier, les familles désorganisées, bref, ce que nous connaissons un peu partout.
L’exercice surprend toujours un peu les novices, habitués d’autres réunions. De celles où on diffuse la bonne parole. Dès les premières pages, le vocabulaire spécialisé s’est vite révélé le principal obstacle à surmonter. Lire en public, pas facile si tu n’en as pas l’habitude. Lire des phrases entières que tu ne saisis pas, encore moins simple. D’où quelques réflexions du genre : Et si on laissait ça aux spécialistes ? Et si c’était trop dur pour nous ? Et si, en effet, on déléguait aux députés, après tout, on les a élus… Oui, on les a élus –encore que, par chez nous, le député, ce n’est pas vraiment grâce à NOS voix qu’il se retrouve au Palais Bourbon !-, mais peut-être pas vraiment pour cette mission-là. On a fini par en arriver au déni de démocratie et à l’évidence que, si tu as voté Oui en 2005 et/ou si tu as voté Non en 2005, dans les deux cas, ils se foutent de toi. Et c’est bien ça qui est grave. On a envoyé (enfin, pas nous, eux… les autres, mais nous, faut qu’on fasse avec quand même) à la barre du bateau des gars qui se foutent de nous. On a fini par dire aussi que le PS avait promis que…, que la candidate avait dit que… Deux heures et quelques digressions plus tard, on n’avait pas fait le tour de la question, loin de là. Mais nous avions montré que le style du débat politique peut évoluer, que les gourous ne sont toujours pas de notre monde et que le mot citoyen a encore de beaux jours devant lui. Rendez-vous pour d’autres lectures, peut-être plus proches des préoccupations quotidiennes des uns et des autres: pouvoir d'achat, lois sur l'immigration, récidives, pourquoi pas? À Sarralbe, comme ailleurs, il n’y a que le premier pas qui coûte…

* voir nos articles du 15 octobre et du 12 août derniers