SUPPRESSIONS DE POSTES : POLITIQUE ÉDUCATIVE EN QUESTION !
Le ministère annonce une suppression massive de postes dans l’Éducation en 2008. Dans le même temps, le HCE présente un rapport sur le fort taux d’élèves en difficulté. La politique éducative ne se fait pas à Bercy, le Sgen-CFDT prendra toute sa place dans l’action pour un autre projet.
Parmi ces suppressions :
§ 3 500 emplois seraient transformés en heures supplémentaires.
§ 1 500 emplois seraient supprimés au titre de la baisse de la démographie scolaire.
§ 1 700 au titre de la « rationalisation » des titulaires sur zones de remplacement et des enseignants en surnombre.
Des suppressions d’emplois administratifs et de postes de stagiaires sont également prévues.
Quelques dizaines de créations de postes nettes sont attendues dans le premier degré. Un solde de 30 postes est annoncé : 700 créations de postes sont prévues pour accompagner la hausse de la démographie scolaire dans le premier degré mais 670 postes de stagiaires PE2 ne seraient plus financés.
Dégradation du service public
Dans sa conférence de presse de rentrée, Xavier Darcos a minimisé les effets de cette mesure. Les élèves et les personnels qui subissent à cette rentrée une nouvelle dégradation du service public d’éducation apprécieront ! Classes plus chargées, suppressions d’option, quasi disparition des itinéraires de découverte en collège, affectation sur plusieurs postes, difficultés croissantes dans l’affectation des titulaires sur zones de remplacement, etc. Partout, l’horaire plancher est la règle et les projets innovants sont abandonnés faute de moyens. Comment dans ces conditions porter crédit au discours du ministre sur sa volonté de revaloriser le métier d’enseignant ?
Derrière les effets d’annonce, c’est la réduction du budget de l’État qui fait office de politique éducative. Le nombre de suppressions de postes est défini par rapport au nombre de départs en retraite, sans réflexion sur les besoins du système éducatif. Pourtant, ce qu’on peut attendre d’un gouvernement, c’est qu’il aborde les questions de l’École d’abord par le service rendu aux jeunes et aux familles.
Le Sgen-CFDT demande un vrai débat
La communication ministérielle sur les horaires des élèves et la comparaison avec les horaires des autres pays de l’OCDE laissent présager la nouvelle piste suggérée afin de poursuivre les suppressions de postes : la réduction du nombre d’heures de cours pour les élèves en collège et lycée.
Définir les objectifs pour l’École de l’avenir
Pour le Sgen-CFDT, si la question des horaires des élèves, notamment en lycée, mérite d’être posée, c’est en partant des missions attendues du service public que l’on doit engager la réflexion et certainement pas dans une logique comptable. Pour cela, le Sgen-CFDT revendique un véritable renversement de méthode : il est d’abord nécessaire de définir les objectifs de l’École, l’organisation qui en découle, et donc le métier d’enseignant.
La question budgétaire doit être déterminée alors en fonction des choix établis. L’argent public dépensé dans un système éducatif rénové, ce n’est pas une charge, c’est un investissement, le plus important des investissements pour l’avenir.
Albert Ritzenthaler
(Profession Éducation)
(profession Éducation est la revue du SGEN-CFDT)