Des victoires, et puis des défaites…

1975, cette année-là, on était en vacances dans les Alpes, avec le vélo, tiens bien sûr ! Comme chaque fois que possible, on était partis le matin pour « les »voir passer, quelque part du côté de Pra-Loup, je crois. C’est là que Merckx a perdu le Tour. Doublé dans ce col par un petit gars aux couleurs de Peugeot, Bernard Thévenet. Ça nous a bien fait plaisir, puisque dans la famille, on roulait Peugeot aussi. Merckx, le « Cannibale » (va comprendre ces surnoms ahurissants qu’on leur donne… cannibale, blaireau, et pourquoi pas pelote à aiguille, aussi ?) qui essayait de rafler une sixième victoire. Raté ! Mais raté avec un panache qu’on ne voit plus beaucoup sur les routes en ce moment… C’est aussi la première fois que le Tour s’est terminé sur les Champs. Avec un français en jaune, ça le fait, non ?!
1989, bicentenaire de
pyramide dans la cour du Louvre ! Les épaules, c’était celles de Laurent Fignon. Celui-là aussi, plutôt agréable. Il portait des lunettes, alors on l’appelait le prof, ou l’instit, parce qu’il avait le bac, en plus des lunettes !... Ça vous fait marrer ? Riez bien, c’est moins drôle après. Cette dernière étape, un contre-la-montre, dans Paris, un truc de fou. C’était le 23 juillet, comme si c’était hier. Dès le début, on a bien vu que Fignon, il n’était pas au mieux de sa forme. On nous a donné les raisons : une douleur « à la selle ». Si tu connais un peu le vélo, tu situes à peu de choses près où ça se joue, cette affaire-là… Bref, pas dans son assiette, le champion. Et juste devant, à le grignoter, un petit américain rigolard, Greg LeMond, assis sur un vélo de science-fiction, avec un guidon complètement dingue. Un guidon de triathlon, on nous a dit, dans le poste. Nous, chauvins comme des poux, on a crié à la triche, bien sûr ! La triche, tu parles, on n’avait encore rien vu ! Sur la fin, ça a été pathétique. Fignon vidé, à bout de souffle, exsangue, livide, au bord de la syncope. Et puis tout à coup, LeMond qui hurle sa joie… pas terrible, le souvenir. 8 secondes… 8 petites secondes…
brigitte blang prs 57