Tour de France : épisode un
Quand on était petits, y a longtemps, l’été, c’était synonyme de vélo, de casquettes, de casse-croûte dans l’herbe, de la radio qu’on écoutait religieusement pour savoir QUI allait gagner l’étape. Même en colo, on nous emmenait les voir, les coureurs, c’est dire. Comme on n’est pas complètement neuneu quand même, on se doute bien que déjà en ce temps-là, devaient pas le grimper à l’eau plate, ce foutu Galibier, mais n’empêche, ça avait de l’allure. Dans ma famille, on était plutôt Anquetil que Poulidor. Va comprendre pourquoi, ce gars-là, avec sa figure d’aristo, il nous bluffait tous, les grands et les petites. Mais bon, c’était un normand, alors… Mon papa, il aimait bien Robic, aussi. Il disait Biquet. Ça me faisait rire. Surtout quand tu voyais la tête du biquet ! Un petit bonhomme, sec comme un coup de trique, breton comme on ne l’est plus, il avait gagné en 47, l’année de la reprise. Ça posait son grimpeur, un exploit comme ça ! Mon papa, il lui était éternellement reconnaissant d’avoir montré au monde que, oui, décidément, c’était bien
brigitte blang prs 57