La voie libre pour détruire le Code du travail ?
Ça y est, l’homme au Karcher élu à la présidence dispose aussi d’une majorité au Parlement : Fillon et lui vont s’attaquer au Code du travail comme l’exige le MEDEF.
Ils vont tenter de remettre en cause cent cinquante ans d’histoire sociale, revenir sur la durée du travail abaissée de 1848 à nos jours, forcer les salariés à travailler plus, à gagner moins dans de moins bonnes conditions de santé et de sécurité.
Le Code du travail, c’est le droit le plus intime pour 16 millions de salariés du privé mais le droit le moins enseigné, le moins connu, le plus contesté, le plus fraudé. C’est le droit qui protège trop fragilement et fixe le coût de la force de travail de 91 % de la population active.
Fillon et Sarkozy ont, depuis deux ans, fait réécrire ce Code prétendument simplifié « à droits constants », en réalité à « droits très allégés ». Une commission de cinq technocrates a été mise en place le 16 février 2005 par Larcher, il était prévu de publier le nouveau Code en mai-juin 2006 si la grande mobilisation victorieuse contre le CPE ne les en avait empêchés. Têtus et sournois, ils ont glissé dans la loi « sur le développement de l’actionnariat salarié » publiée le 30 décembre 2006, un « cavalier parlementaire », l’article 57, prolongeant les délais du 1er janvier au 30 septembre 2007. Puis Larcher a annoncé devant le Sénat, le 29 janvier, qu’ils allaient le faire avant la présidentielle... il l’a redit le 6 février devant
Pour l’heure, ils n’ont édité que la partie législative, applicable le 30 septembre, la partie réglementaire serait prête le 1er janvier 2008, applicable le 1er mars 2008 au plus tard. Ils ont redécoupé le Code à
Gérard Filoche Mercredi 20 juin 2007
Auteur de La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? Éd. JC Gawsevitch