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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


dans l'Huma aujourd'hui

Publié par prs 57 sur 12 Juin 2007, 11:34am

Catégories : #campagnes en tous genres


 

Une semaine pour muscler la gauche

Législatives. Avec plus de 45% des voix, la droite risque de disposer d’une majorité écrasante. La gauche doit se rassembler d’une manière« loyale et déterminée ».

Année des records en matière électorale, 2007 ? Le premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril avait enregistré une participation massive (85 %) inégalée depuis le premier scrutin de 1965. Quelques semaines après, le premier rendez-vous des élections législatives se solde par une abstention (40 % selon les premières estimations), sans doute la plus forte, pour ce type d’élection, qu’ait jamais connue la Ve République depuis sa fondation en 1958. Lors des dernières élections législatives, en juin 2002, 75,41 % des Français s’étaient rendus dans les bureaux de vote. Il y a sans doute plusieurs explications à ce reflux de l’engagement des électeurs, mais une chose est sûre : on ne saurait l’imputer sérieusement à un manque d’intérêt des Français pour la chose publique, puisqu’ils viennent de démontrer le contraire lors de l’élection présidentielle. Pourquoi tant de citoyens, jusque là non inscrits sur les listes électorales, qui avaient demandé leur carte d’électeur ont-ils boudé les isoloirs le jour où l’on élit la représentation nationale ? C’est pour une part un effet pervers mais prévisible de la décision prise en 2001 par Jacques Chirac et Lionel Jospin, de lier les deux élections par l’instauration du mandat présidentiel de cinq ans et d’inverser le calendrier en faveur de l’élection présidentielle. Cette réforme institutionnelle, dont on mesure mieux aujourd’hui le caractère funeste, a réduit l’objet de l’élection des députés à la question de savoir si le président tout nouvellement élu disposera d’une majorité pour soutenir sa politique.

Les effets néfastes du présidentialisme

La tendance à dévaloriser l’Assemblée nationale au profit du président a été poussée jusqu’à la caricature par Nicolas Sarkozy, dont la conception de la fonction de chef de l’État se rapproche davantage de l’exemple américain que des visées des pères fondateurs de la Constitution de 1958. On ne peut impunément laminer le Parlement, réclamer explicitement, comme n’a cessé de le marteler François Fillon, une majorité « écrasante » et fustiger tout contre-pouvoir - c’est à dire un peu d’équilibre démocratique. Une partie des électeurs ne se sont pas déplacés pour une Assemblée qui pèserait peu à leurs yeux dans le cadre d’un régime présidentiel. Beaucoup d’autres à gauche se sont abstenus, encore sous le choc de l’élection présidentielle.

Au soir du premier tour, le rapport des forces dessiné lors de l’élection présidentielle n’a pas sensiblement bougé. Il reste largement en faveur de la droite sarkozyste. L’UMP et ses vassaux centristes obtiendraient plus de 45 %, selon les premières estimations des instituts de sondages ce qui, dans le cadre de la loi électorale, lui laisse espérer une Assemblée bleu horizon à l’issue du second tour. Les premières projections en sièges - exercice hasardeux avant un second tour - faisaient état de 440 à 470 députés sarkozystes, soit sur 577 sièges une majorité absolue qui peut se révéler écrasante, faute d’un sursaut des électeurs de gauche qui ne sont pas déplacés hier. De son côté François Bayrou n’est pas parvenu à rééditer avec son nouveau parti, le Modem, le relatif succès électoral de la présidentielle (18 %). Lâché par la plupart des députés UDF qui ont rejoint la majorité présidentielle, le parti centriste recueillerait environ 7 % des voix et ne serait représenté que par moins de trois députés. Le scrutin de dimanche confirme aussi que l’électorat du Font national a trouvé avec le duo Sarkozy-Fillon chaussure à son pied. L’opération siphonage a parfaitement fonctionné et le parti d’extrême droite serait sous la barre des 5 %.

La gauche confirme en général son affaiblissement de l’élection présidentielle. Le parti socialiste reste dans l’étiage de sa candidate à la présidentielle (environ 25 %) et risque de ne retrouver que 60 à 90 députés, selon CSA. Hier soir, François Hollande et Ségolène Royal ont appelé à la mobilisation des électeurs de gauche pour le second tour, reconnaissant qu’un climat de déception avait éloigné des bureaux de vote nombre de jeunes électeurs. Les Verts avec environ 2,5 % des voix ne sont pas assurés, en l’état actuel des choses, d’être représentés à l’Assemblée. Face à une droite qui rêve de disposer de tous les pouvoirs, seule une gauche diverse et combative peut relayer la résistance des salariés contre l’arsenal antisocial qui va se déployer dès cet été, comme l’a rappelé François Fillon hier soir.

Les électeurs peuvent se doter d’un groupe communiste

Dans ce cadre, la présence de députés et d’un groupe communistes sera une pièce maîtresse dans une opposition de gauche. Avec un score national estimé hier soir à 4,4 %, le PCF améliore son score par rapport aux 1,93 % de la présidentielle. Hommes et femmes de terrain, appréciés pour leur efficacité et la sincérité de leur engagement, dès hier plusieurs d’entre eux obtenaient des résultats très positifs les plaçant en tête des forces de gauche. André Chassaigne, dans le Puy-de-Dôme, Jean-Claude Sandrier dans le Cher, Daniel Paul en Seine-Maritime, Michel Vaxès dans les Bouches-du-Rhône, Huguette Bellot (Parti communiste réunionnais)... Le PCF pourrait, estime Marie-George Buffet, atteindre 15 députés. La secrétaire nationale, elle même candidate en Seine-Saint-Denis a appelé à la mobilisation citoyenne pour qu’il y ait le maximum de députés de gauche et parmi eux de nombreux députés communistes. Une semaine pour une bataille décisive.

Jean-Paul Piérot

 

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