Petits bonheurs à partager
Mauvaise nouvelle : Nicolas Sarkozy a gagné. Ah, vous saviez déjà ? Oui, bien sûr, mais à ce point, quand même… J’explique : samedi, rencontre franco-turque dans le bled à côté. On se retrouve avec ma petite copine Yasmine, de retour d’Ankara depuis deux ou trois ans. Elle a un diplôme de tourisme, a bossé dans des hôtels plutôt huppés là-bas, hôtesse de l’air aussi. Bref, voilà Yasmine qui veut voter, pour la présidentielle. Huit jours avant, elle apprend que « ça va pas être possible… » Et pourquoi donc ? Parce qu’elle est considérée comme Française de l’étranger. Va t’en, en une semaine, trouver un français à Ankara qui va voter à ta place… Bon, elle n’a pas voté. Moi, naïvement : « Et pour qui tu aurais voté, si tu avais pu ? » Je vous le donne en mille : pour Sarkozy. Elle m’a épatée, la minette. Ses raisons ? Toutes simples : au moins lui, il va mettre de l’ordre et « les arabes » vont arrêter de se foutre de nous qui allons bosser, souvent en pleurant, tous les matins. Et qu’elle préfèrerait crever que de demander de l’aide et d’ailleurs son père lui arracherait les yeux si elle croisait seulement une assistante sociale Elle me raconte que son chéri, surdiplômé en Turquie, est manœuvre ici, et que ma foi, avec Sarkozy, peut-être enfin on va en voir le bout… Et puis, en plus, ils vont acheter une maison et donc, le crédit d’impôts, tout ça… Sarkozy a gagné, vous disais-je, Yasmine, elle aurait voté contre ses copains d’école, ses voisins de cité, ceux qui ne se lèvent pas. Il a gagné, il a réussi son coup. Et c’est bien ancré dans sa tête, croyez-moi… On s’est promis de se boire un truc un de ces jours, avec Hassan, et Yasmine bien sûr, histoire de dire qu’on remet les choses à plat, un atelier de lecture, on va faire, en miniature.
Deuxième bonne nouvelle : on a un ministre de
i canonisait une française (je ne sais évidemment rien de cette nouvelle sainte, et faut-il le dire, je m’en fous un peu… un peu beaucoup même…) Mais qui nous dira ce que la ministre de
Encore autre chose ? Cécilia, le retour. Coucou, la revoilou. Elle voudrait bien jouer un rôle sur des sujets importants et « féminins ». C’est quoi, exactement, un sujet féminin ? Les enfants, la francophonie, et la culture… a-t-on appris. Yeess! La parité, l’égalité des salaires, le nombre d’IVG qui remonte de plus belle, c’est féminin, ou pas ? Faut croire que non. La voilà donc, la rupture dont on nous a tant parlé ces derniers mois… Ben dis donc, ça valait le coup d’attendre !
Une dernière pour la route. Hier matin, se pointe au collège le conseiller général du canton. Distribution de bouquins à des petites qui ont gagné les deux premiers prix à un concours de lecture (oui, même dans nos campagnes éloignées…). Le patron, qui suit l’actualité de très loin à ce que j’ai cru comprendre, a convoqué les journaux. Tout le monde est content, sauf la casse-pieds de service (devinez qui ?...), qui rappelle que le monsieur, outre qu’il est conseiller général est aussi candidat dimanche, et que ma foi, nous n’avons aucune raison de lui faire de la pub. Surtout avec ce que nous réservent ses amis politiques pour cette rentrée et les suivantes. Il y a une bonne lurette de ça, Gilbert Maurer, candidat socialiste, dans les mêmes conditions avait annulé sa rencontre avec mes cinquièmes en éducation civique… C’est toute la différence.
brigitte blang prs 57