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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


Du côté de Papon, suite

Publié par prs 57 sur 22 Février 2007, 11:11am

Catégories : #histoires et histoire

 En écho à notre article du 18 "C'était à Charonne", cet extrait de la chronique de Bernard Langlois, dans Politis, ce jeudi.

"Maurice Papon n’était pas Jack l’éventreur. Ses blanches mains de haut fonctionnaire n’étaient pas tachées du sang de ses victimes. D’ailleurs celles-ci étaient, pour la plupart, mortes sans saigner (sinon peut-être une mousse rosâtre à la commissure des lèvres, au moment où le Zyklon B faisait son effet ; enfin, je ne sais pas, j’imagine qu’on devait baver un peu de sang dans l’agonie des chambres à gaz ?). Donc, il avait gardé les mains propres, le Papon, et la tête haute (un slogan qui me dit quelque chose...). De la prestance, du répondant et le sentiment du devoir accompli. À 80 piges encore, lors de son (tardif) procès, sa morgue, son absence de regret ­ à défaut de repentir, faut tout de même pas trop en demander ­, son mépris affiché pour ses accusateurs ­ dont les quelques rares rescapés de ses voyages organisés ­ avaient fini de lever le coeur de tous ceux qui assistaient aux Assises de Bordeaux.

Il était, comme on a dit, coupable d’« un crime de bureau ». De ceux commis sous des lambris dorés, là où, sur une table de chêne, une secrétaire dépose le parapheur rouge rempli des circulaires du jour, qu’on signe en chaîne d’une plume tranquille avant d’aller déjeuner : le boulot ordinaire du haut commis ordinaire.

Le secrétaire général de la préfecture de Gironde ne faisait qu’appliquer les ordres de l’État qu’il avait vocation de servir. C’était un État scélérat : il n’avait pas à le savoir.Il était un rouage, et les rouages n’ont pas vocation à se prendre la tête. Service service. Les milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qu’il envoyait à la mort, par sa seule signature en bas d’une liste, ne l’ont jamais empêché de dormir. D’ailleurs, d’autres rouages, ailleurs, signaient des listes semblables, on ne leur a jamais cherché de poux dans la tête (Darquier de Pellepoix, vous vous souvenez ? « À Auschwitz, on n’a gazé que des poux ! »), pourquoi lui, hein ? Peut-être parce qu’il était un habile, trop habile ; qu’il avait su, au bon moment, donner quelques gages à la Résistance, rallier à temps le camp des vainqueurs ; que ça lui a permis de poursuivre une brillante carrière, de plus en plus près des sommets ; et qu’il n’était pas un idéologue, Papon ­ du moins n’en laissait-il rien paraître : à ce qu’on dit, il n’était pas spécialement antisémite ; pas de son fait si l’époque était à pourchasser le juif ; du reste, il sut tout aussi bien traquer l’Arabe quand la mode en fut venue. Un gars bien, on vous dit, efficace, de ceux dont toute machine étatique bien huilée a besoin pour tourner rond. Il avait trouvé très injuste qu’on le condamnât. Tout de même, il n’était pas Touvier !

Le vieux salaud a rendu son âme au diable : qu’il se la garde. Une grande question agite encore les beaux esprits : peut-il être enterré avec sa légion d’honneur ? Je vais vous dire : on s’en tape."

 (et dans le même esprit, voir le commentaire de René à l'article du 18)

 

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F
C\\\'est avec la description de l\\\'état d\\\'esprit de Papon faite dans cet article que l\\\'état de Vichy a pu appliquer avec beaucoup de zèle les raffles des juifs au dela de ce que demandaient les allemands. Sur ce point il ne peut y avoir d\\\'excuse. Pour la légion d\\\'honneur il ne fallait pas la donner. Faire autant de bruit sur une breloque n\\\'est il pas un moyen de masquer les vraies réalités passées et en dernier sa libération pour raison de santé on ne prend pas autant d\\\'égard avec tous les prisonniers. Ta conclusion est parfaite. Alain  
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B
bravo pour la conclusion. En plus c'est idiot parceque le bout de tissu et de métal n'a que la valeur que lui reconnaissent le groupe des décorés, l'ordre, et qu'exclu il est, exclu il reste
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