Serres investit Laurent Fabius.
Politique. Il y a des soirées comme ça où les chamailleries politiciennes paraissent dérisoires. Laurent Fabius a peut-être vécu, samedi, à Serres-sur-Arget, l'un de ces instants bénis pour candidats en campagne en mal d'amour, dans les sondages tout au moins. Quand le public, de militants et curieux mêlés, emplit la salle, quand fusent les applaudissements, quand une visite dans un département ami mais pas spécialement réputé favorable se transforme en réunion conviviale entre camarades, quand même les "poids lourds" fabiusiens avalent les kilomètres pour se joindre à la fête (Martin Malvy et Paul Quilès en tête), alors, oui, il est de bon ton de parler de meeting réussi.
Pas de programme, une action.
"Je suis le candidat du rassemblement de la gauche, le candidat qui mènera la gauche à la Présidence de la République" assène celui qui revendique l'héritage mitterrandien et un long "compagnonnage" avec l'homme du 10 Mai 1981. "François Mitterrand avançait une analyse politique que je crois juste: pour changer la donne, il faut rassembler toute la Gauche... et cela n'est pas possible quand on prône une remise en cause de la carte scolaire ou un encadrement militaire de la jeunesse !" Voilà pour Ségolène.
Avant de se présenter aux quelque 450 personnes rassemblées dans la salle polyvalente de Serres-sur-Arget, Laurent Fabius avait sacrifié au rituel de la conférence de presse. Passage quasi obligé en ces temps de conquête. Détendu, "l'Ariégeois de coeur" y a brossé à grands traits les lignes, non pas de son programme, mais de son action une fois élu à la Présidence. Au-delà des perspectives sociales médiatiques (augmentation du SMIC et des pensions) ou européennes (ouverture de négociations pour une nouvelle constitution, fin de l'élargissement), le "candidat à la candidature" socialiste a insisté sur la "nécessaire prise en compte de l'écologie et de la défense de l'environnement", annonçant notamment sa volonté de nommer dans son gouvernement un ministre du développement durable aux pouvoirs et aux budget élargis, de porter une loi-programme sur les économies d'énergie et leur diversification, sans oublier son ambition de participer à la création d'une "organisation mondiale de l'environnement".
Et d'afficher une même conviction en matière d'agriculture:" Je crois à la nécessité d'une agriculture française. Elle joue un rôle primordial en matière de santé, d'économie et d'aménagement du territoire. On ne peut accepter la suppression de toute politique agricole commune, même s'il y a des réorganisations à faire en la matière".
Agriculture, écologie, deux termes chers en ces terres pyrénéennes qui n'ont pas manqué de le lui confirmer. A l'applaudimètre de la Barguillère, samedi, Laurent Fabius a bien été investi. Reste à savoir de quel poids la petite vallée ariégeoise pèsera sur le scrutin socialiste du 16 novembre...
(Nicolas Hubert pour la Dépêche du Midi - 6 novembre 2006)
De la nécessité absolue de lire tous les post des copines ! Merci Audrey ! On y apprend plus que par la télé nationale. Depuis ce matin, on avait plutôt l'impression que le seul soutien important, c'était celui de D'jack à Ségolène... A part ça qu'il n'est pas rancunier, le "flamboyant"... B prs57