Il paraitrait que ça y est enfin, les vacances. Tout un tas de petits loulous, et d’autres moins petits d’ailleurs, sont bien contents. Pour eux, un poème du très indispensable Prévert. Tiens, pendant qu’on y est, un signe aussi à un commentaire qui fleurissait ici il y a quelques jours. Prévert aussi est frappé d’alignement. Même sur les timbres, ils lui ont fusillé son éternel mégot. Quelle misère, ces esprits forts qui se veulent esprits propres et refusent la fantaisie, comme fauteuse de désastre annoncé…
Le cancre
Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le cœur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.
Jacques Prévert