
Hier, nous étions au Zénith, à Paris. Heureusement qu’on était venus. Parce qu’apparemment, on y était seuls. Vous nous avez vus à la télé ? entendus à la radio ? Vous avez eu des échos dans les journaux ? Bon, faut dire, il n’y avait vraiment pas de quoi en faire un article. Qui était là ? pas grand monde. Des petits, des pas connus, des couleur de muraille. Vous insistez ? Je vous entends, là-bas, vous vous étiez dit : « Pas la peine de monter dans le bus, la télé nous montrera tout… » Ben voyons ! Bilan : va falloir que je vous raconte tout ça. Une salle pleine à craquer. 6500 au compteur, ça commence à chiffrer. Le Front de Gauche a rempli la Villette. Des jeunes, et des un peu moins, des à pieds, des en métro, des en bus, ça déboulait de partout, dès 13 heures, au cas où il n’y aurait pas eu assez de place. Des drapeaux, des banderoles, des cartons qui proclamaient l’unité, l’égalité, les droits des travailleurs, des œillets rouges, rouges de nos colères et de nos espérances, un meeting, quoi. Avec une tribune tout ce qu’il y a de plus extraordinaire. Ah ça, chez nous, on n’avait pas de comique distingué, ni de chanteur engagé (engagé pour combien de temps, au fait, à l’UMP ?!), ni de rocker en mal d’Helvétie. Non. Sur la scène, il n’y avait que Marie-George Buffet, que Didier Le Reste, que Jean-Luc Mélenchon, que Francis Wurtz. Seulement des mots, des mots forts, des mots justes. Ceux de notre camarade Hélène Franco, rythmant les blessures infligées à la République. Ceux de Gisèle Halimi, qui semble si fragile, et qui soudain déplace les montagnes avec des paroles d’espoir. D’espoir et de révolte jamais corrompus. Ceux de Safia Lebdi, criant la laïcité et le féminisme. Ceux de Nina Sankari, venue de Pologne. Ceux de Félicien Guérant, écho du LKP. Et ceux de Christian Picquet, venu nous dire qu’il nous rejoint, puisque c’est bien « la volonté qui trace le chemin ». Et ceux de Guédiguian et de Gérard Mordillat, deux cinéastes qui nous honorent de leur soutien. Et tous les autres mots, les « bravo », les « Tous ensemble », les « Unité », les mains nouées, les poings levés, la Marseillaise et l’Internationale partagées. La campagne a commencé hier au Zénith. Et elle a bien commencé. Mais la presse n’a rien vu, alors elle n’a rien dit. Et ce matin, seule l’Huma titrait « L’Unité en action ! » L’Huma et notre site http://www.frontdegauche.eu/.
Hier, donc, au Zénith, nous étions seuls… Si seuls…
brigitte blang pg57
(reportage photos très bientôt)