Les mains d’or (Lavilliers)
Un grand soleil noir tourne sur la vallée
Cheminées muettes - portails verrouillés
Wagons immobiles - tours abandonnées
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé
On dirait- la nuit - de vieux châteaux forts
Bouffés par les ronces - le gel et la mort
Un grand vent glacial fait grincer les dents
Monstre de métal qui va dérivant
Refrain
J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or
J'ai passé ma vie là - dans ce laminoir
Mes poumons - mon sang et mes colères noires
Horizons barrés là - les soleils très rares
Comme une tranchée rouge saignée sur l'espoir
On dirait le soir - des navires de guerre
Battus par les vagues - rongés par la mer
Tombés sur le flan - giflés des marées
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier
J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or
J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y a plus rien à faire
Quand je fais plus rien - moi
Je coûte moins cher - moi
Que quand je travaillais - moi
D'après les experts
J'me tuais à produire
Pour gagner des clous
C'est moi qui délire
Ou qui devient fou
J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y a plus rien à faire
Je voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or...
Ceux qui me connaissent un minimum devaient se dire, bizarre, ça doit bien faire au moins trois semaines qu’elle ne nous a pas bassinés avec Lavilliers ! Eh bien voilà… Suffit d’être un peu patient ! Non, celle-là, tout de même, dans la série « Chansons pour ceux qui bossent », on ne pouvait pas la laisser de côté, n’est-ce pas ? Et puis, elle résonne drôlement à nos oreilles et à nos cœurs en Lorraine, vous pensez bien. Tous ces paysages désolés, c’est une partie de notre chez nous, ces histoires d’usines qui ferment, de gars qui regardent le soir tomber sur des vallées silencieuses, et qui ne savent plus bien quoi faire, à quarante balais, de ces mains d’or, qui valaient si cher il y a… si peu de temps encore. Et puis, l’occasion de faire un petit signe à quelqu’un qui aimait tellement cette chanson-là, et qui n’est plus là pour qu’on en parle…