10 raisons de sanctionner Sarkozy aux municipales

La droite en campagne cherche à faire croire que les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars prochains sont sans enjeu politique national et n’auront « que des conséquences locales » (François Fillon dans Le Figaro Magazine du 16 février). Pourtant dans son discours de vœux du 8 janvier, Sarkozy avait été obligé de reconnaître qu’il « s’engagerait dans la campagne parce que le concept même d’élections dépolitisées est absurde ». La perspective d’une défaite à ces élections a d’ailleurs suffi à ébranler sévèrement la « machine Sarkozy ». C’est dire si la concrétisation d’une telle défaite priverait Sarkozy et la droite de marges de manœuvre pour poursuivre leurs attaques contre le modèle social et républicain du pays. À l’inverse, un succès à ces élections leur offrirait un point d’appui pour intensifier ces attaques. Les électeurs doivent donc savoir que ces élections auront des conséquences nationales. Et qu’une occasion leur est fournie de donner leur avis sur la politique du pouvoir. La souveraineté des Français n’est pas suspendue entre deux élections nationales, elle s’exerce en continu, notamment lors des élections locales.
Sanctionner les 5 catastrophes de Sarkozy depuis son élection
§ Des cadeaux pour les riches, des mauvais coups pour les pauvres.
Sarkozy a fait voter cet été 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux, notamment le « bouclier fiscal » pour les 90 000 plus grosses fortunes de France qui empochent un cadeau moyen de 50 000 € par foyer. À l’inverse, Sarkozy a refusé tout coup de pouce au SMIC pour les ménages modestes. Face à l’envolée des prix de l’essence et du gaz, il refuse toute taxation des profits pétroliers qui explosent. Pourtant, même au Royaume-Uni et aux États-Unis, les gouvernements ont décidé de telles taxes sur ces entreprises qui s’enrichissent sur le dos des consommateurs.
§ La santé plombée par les franchises médicales.
En mettant à la charge du patient 50 € annuels de franchises, Sarkozy démantèle la logique solidaire et universelle de l’assurance maladie. À l’inverse, il accorde de nouvelles exonérations de charges aux entreprises qui atteignent aujourd’hui 20 milliards par an. Là est la vraie cause du trou de la sécurité sociale, à laquelle Sarkozy ne s’attaque pas.
§ Les services publics en ruine.
L’éducation nationale est dans une situation critique avec 11 000 postes supprimés au budget 2008 qui s’ajoutent aux 30 000 emplois déjà supprimés par la droite depuis 2002. Résultat : la fermeture de dizaines de lycées professionnels, la réduction des options dans tout le secondaire, la suppression des études dirigées au collège ou encore le recul des capacités d’accueil en maternelle. À l’université, la loi Pécresse voulue par Sarkozy organise la privatisation progressive du financement pour accompagner le désengagement de l’État, ce qui va conduire à des universités à plusieurs vitesses.
§ Le traité européen passé en force contre le peuple.
Le traité de Lisbonne soutenu par Sarkozy ne répond à aucune de ses promesses de campagne. Il n’est ni simplifié ni mini. C’est la reprise sous un autre emballage de la Constitution européenne rejetée par le peuple en 2005. Sarkozy a même avoué à la télévision le 10 février qu’il avait fait aboutir la négociation du traité de Lisbonne en vendant à ses partenaires le silence du peuple français : « il fallait, qu’en cas d’accord, nous nous engagions à faire approuver le traité par voie parlementaire ». Il avait d’ailleurs déclaré le 14 novembre à Strasbourg que « des référendums sur le nouveau traité européen seraient dangereux et perdants en France, en Angleterre et dans d’autres pays. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements ». Sarkozy a ainsi piétiné le vote Non de 2005 des Français. C’est la première fois dans l’histoire républicaine de la France que le résultat d’un référendum est ainsi ignoré.
§ Une politique d’immigration indigne et inefficace.
La loi Hortefeux votée à l’automne est la 5e loi sur l’immigration en 5 ans. Cette surenchère ne résout rien et l’immigration choisie de Sarkozy va conduire au pillage des cerveaux des pays pauvres. La chasse aux sans-papiers conduit à des situations aberrantes avec l’expulsion de parents que l’on sépare de leurs enfants ou l’éloignement de travailleurs qui étaient présents en France depuis 10 ou 15 ans. Tout cela au prix d’un gigantesque gaspillage : depuis que Sarkozy est arrivé au ministère de l’Intérieur en 2002, les expulsions ont coûté plus de 3 milliards d’euros, soit l’équivalent du budget annuel du ministère de la Culture !
Refuser les 5 mauvais coups qu’ils préparent
§ Une précarité accrue sur le marché du travail.
Une loi en préparation prévoit l’allongement de la période d’essai pour tous les contrats selon la logique du CPE/CNE. Ainsi que des possibilités élargies de recours aux CDD. Et un nouveau mode de rupture à l’amiable qui privera le salarié de l’essentiel de ses droits en matière de licenciement.
§ Un nouvel allongement de l’âge de la retraite.
Sarkozy et Fillon ont prévu pour 2008 une nouvelle étape de la casse du système de retraites par répartition. Après le passage à 40 annuités de cotisation décidé en 2003, la droite va proposer de passer à 41 voire 42 annuités. C’est l’enterrement de la retraite à 60 ans qui se profile. Du coup, le montant des pensions ne cesse de baisser et le nombre de retraités pauvres d’augmenter (+63 % depuis 2002). D’autant que le gouvernement n’a décidé pour 2008 qu’une revalorisation de 1,1 % des pensions de 13 millions de retraités, alors que l’inflation est d’au moins 2,5 %.
§ La hausse de la TVA en vue.
Comme il a vidé les caisses avec ses cadeaux aux riches et aux entreprises, Sarkozy va revenir à la charge avec la « TVA sociale » qui sera un coup brutal pour le pouvoir d’achat des ménages. La TVA pourrait ainsi passer après les municipales de 19,6 % à 22,6 % voire 24,6 %, ce qui conduirait à un bond des prix.
§ La
laïcité piétinée.
Sarkozy tourne ouvertement le dos à la laïcité en prônant le retour du religieux dans l’espace public. Sa ministre de l’Intérieur travaille à la remise en cause de la loi de 1905 de séparation des églises et de l’État, ce qui pourrait déboucher sur le retour au financement public des religions. Cela conduirait à une flambée de communautarisme dans notre pays.
§ Un alignement dangereux sur la politique étrangère des États-Unis.
Avec ses références religieuses incessantes et son obsession du « choc entre islam et occident », Sarkozy veut insérer la France dans la logique du « choc des civilisations », une vision du monde chère à l’administration Bush. Cet alignement se traduit déjà par la participation de la France à une escalade militaire dangereuse en Afghanistan. Alors qu’officiellement la France n’est censée apporter qu’une assistance technique, près de 2 000 soldats français sont déjà sur place, dont une bonne partie est effectivement au combat avec des armes lourdes et coûteuses comme des avions Rafale. Tout cela se fait sans aucun vote du Parlement ni débat public dans le pays.