
La radio en grève, on n’a pas appris les nouvelles importantes, la mort de l’amuseur public, rien sur les amours du président, ni sur ses femmes passées, présente et qui sait… Rien non plus, et ça nous a manqué, sur ce qui s’était passé aux petites aurores, dans un foyer du XIIIe à Paris. C’est quoi donc ? dites-vous. Oh, trois fois rien. L’arrestation de 114 travailleurs étrangers soupçonnés d’être en situation irrégulière, des maliens, des sénégalais, logés là, dans paraît-il des « conditions indécentes ». Lesquelles conditions « indécentes » ne choquaient personne jusqu’à ce que nous entrions dans l’ère Hortefeux. À six heures du matin, les policiers sont intervenus, c’est comme ça qu’on appelle officiellement ce genre d’opérations. Un chiffre ? 400… Vous avez bien lu : 400. Ça fait 3,5 policiers par type arrêté, pour faire plus parlant, 7 pour 2. Risquaient pas de se sauver, les clandés. On a montré les images à la télé, hier soir. Portes enfoncées, serrures explosées, chambres dévastées, tout en finesse. On vous passe les pauvres affaires éparpillées, ravagées. Même si, effectivement, ces piaules ressemblaient de très près à des taudis, surpeuplés en plus, même si… Bizarre quand même qu’on vienne « inspecter » à six heures du mat, quand les gens dorment, ou qu’ils viennent de se réveiller, ou d’à peine finir de nettoyer nos trottoirs et nos quais de métro. Bizarre, trop bizarre… Le MRAP a condamné. Nous aussi. Quoi d’autre ? Ah si : les logeurs sont « susceptibles de poursuites ». C’est bien le moins, non, quand on imagine que les logés vont bien vite se retrouver avec un aller simple pour Bamako…
brigitte blang prs 57
ceci n'est pas une rafle...
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