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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


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Publié par prs 57 sur 20 Janvier 2008, 00:00am

Catégories : #laïcité

Politique de civilisation ou d’évangélisation ?

Laïcité. Devant Benoît XVI, puis en Arabie saoudite, le président français a exalté le rôle de la religion dans la vie publique et dénigré les principes laïques définis par la loi de 1905.

Le président d’une République laïque citant treize fois le terme de « Dieu » et exaltant le rôle « civilisateur » des religions dans un discours délivré aux représentants d’un régime obscurantiste : l’affaire a de quoi heurter les tenants les plus modérés du principe de laïcité. Dans la droite ligne de celui qu’il prononça au Vatican le 20 décembre dernier, le discours de Nicolas Sarkozy à Riyad, en Arabie saoudite, enfonce le clou sur l’un des aspects les plus inquiétants du projet de cette droite « décomplexée » que le chef de l’État entend incarner. Une droite assumant totalement la référence récurrente aux « racines chrétiennes » de la France et de l’Europe et attachée à la lecture du monde en termes de seules appartenances religieuses.

Ce qui se cache derrière la « laïcité positive »

Derrière la « laïcité positive » défendue par le chef de l’État, se profile, en réalité, la volonté de vider de sa substance la loi de 1905, qui consacre la séparation des Églises et de l’État. Avec l’objectif affiché de mettre à contribution les religions dans la gestion de l’ordre social, et de leur ménager une place centrale dans la « politique de civilisation ». En somme, il s’agit de faire jouer aux religions le rôle de « supplément d’âme d’un monde sans âme », pour reprendre les termes de Marx. Nicolas Sarkozy n’a d’ailleurs jamais dissimulé ses desseins. Dès 2004, dans un livre d’entretiens, "la République, les religions et l’espérance", il plaidait pour la « prise en compte du fait spirituel et de la question religieuse », pour « de nouveaux rapports entre les religions et les pouvoirs publics » et pour le financement public des associations cultuelles. Une proposition explicitement reprise par le rapport Machelon, remis le 19 septembre 2006 au ministre de l’Intérieur. Au nom de « l’égalité » entre les catholiques et les « fidèles des confessions en expansion récente » en France (les musulmans, et surtout les chrétiens évangéliques, nommément cités), celui-ci suggérait que les collectivités locales puissent financer, sans plafonnement, la construction de lieux de cultes. Autres propositions : l’alignement du statut des associations cultuelles sur celui des associations de type 1901, avec la possibilité de les faire bénéficier de subventions publiques et de les reconnaître d’utilité publique.

Ces projets, à l’époque, avaient suscité une véritable levée de boucliers. Ce qui n’empêche pas le chef d’État d’aller toujours plus loin, quitte à ébranler un pilier fondamental de la République et du vivre ensemble. Le 20 décembre 2007 à Rome, après avoir été fait par le pape Benoît XVI chanoine d’honneur de la basilique Saint-Jean-de-Latran, Nicolas Sarkozy lançait : « La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû », concluait-il. Rebelote à Riyad, le 14 janvier, où il a loué « Dieu transcendant qui est dans la pensée et le cœur de chaque homme » et appelé les religions monothéistes à s’unir dans le même combat « contre le recul des valeurs morales et spirituelles ». Des propos qui ont déclenché la colère et l’inquiétude bien au-delà des rangs de l’opposition. Au point que même le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, s’est fendu d’un rappel à l’ordre. Pas question, a-t-il mis en garde, de toucher à « l’équilibre » de la loi de 1905, « un des piliers de la République ».

La question de la séparation de l’Église et de l’État

Le président de la République a beau assimiler la défense de la laïcité à un sectarisme antireligieux, voire à un « fanatisme », il s’est trouvé contraint, jeudi, lors de ses vœux aux représentants des religions, de réaffirmer son attachement à ce principe. Son conseiller spécial, Henri Guaino, est monté hier au créneau pour dénoncer une « opération de désinformation ». Reste que, lors de ses vœux aux religieux, Nicolas Sarkozy n’a pas manqué d’insister sur les circonstances historiques « douloureuses » de la séparation de l’Église et de l’État, niant implicitement la pacification que scella la loi de 1905. « La reconnaissance du sentiment religieux comme une expression de la liberté de conscience et la reconnaissance du fait religieux comme un fait de civilisation font partie, au même titre que la reconnaissance de l’héritage des Lumières, de notre pacte républicain et de notre identité », a-t-il insisté. Un parallèle qui confirme la volonté de Nicolas Sarkozy de réintroduire le religieux au cœur de la cité, dans une improbable cohabitation avec les principes qui fondent notre modernité politique. Dans l’immédiat, ces orientations préoccupantes devraient se traduire, selon le Figaro, par l’ouverture du Conseil économique et social à des responsables religieux, et par la possibilité, pour les jeunes, d’effectuer leur service civil dans des associations à caractère confessionnel. Un premier pas vers la remise en cause d’une laïcité dont la genèse fut indissociable de l’idée de progrès social, elle aussi combattue par la droite de Nicolas Sarkozy.

Rosa Moussaoui

 

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G
Manifeste des mécréants<br /> Monsieur le Président, vous nous paraissez un peu dur de la racine. Invoquer à longueur de discours les racines chrétiennes de notre pays, c’est non seulement une insulte, par ces temps de monothéismes enragés, à notre belle et fragile laïcité, c’est aussi faire fi des hommes qui ont arpenté nos contrées depuis des dizaines de millénaires. Un héritage culturel ne se limite pas au dessin des frontières. Les Aurignaciens de Chauvet, les Magdaléniens de Lascaux, les Celtes de Gergovie, les Romains de Narbonne, ne nous ont-ils donc laissé aucune empreinte généalogique ? Votre vision sectaire rejoint en une étrange harmonie celle de l’Église catholique, qui a durant des siècles éliminé tout ce qui ne lui léchait pas les bottes, pour s’ériger comme seule autorité morale. Contrairement à ce que vous insinuez illégitimement, ces parangons séculaires d’intolérance que sont les monothéismes, font bien pâle figure face à l’humanisme laïque, pour symboliser l’ouverture à l’autre. Protestants, cathares, indiens, scientifiques, artistes, sorcières, hommes et femmes libres : l’Église, pourvoyeuse de mort inégalée, a ponctué son histoire de leurs cadavres. En toute impunité rétroactive, alors que les crimes contre l’humanité sont soi-disant imprescriptibles. Ces forfaits sont-ils à ce point négligeables qu’ils vous permettent d’affirmer, contre tout respect de votre fonction suprême, la supériorité des curés sur les instituteurs de la République ? On apprend très tôt à nos enfants que le Père Noël n’existe pas, il faudrait pourtant continuer de leur faire croire, en une illuminée propagande, qu’un homme était le fils de Dieu et qu’il a ressuscité ? C’est donc ça, votre vision de la transcendance ? Superbe perspective, en effet, pour leur équilibre mental.Alors, Monsieur le Président, nous appelons tous les mécréants de France à dénoncer vos pernicieuses billevesées, avant que vous n’ayez méthodiquement saccagé l’esprit des Lumières et de la République.Infidèlement vôtre.<br /> Collectif d’artistes, d’écrivains, de citoyens libres. 
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