Pour poursuivre notre balade au pays de Gracq, on aurait pu continuer la promenade sur la côte cotentine (ça se dit ? sinon, on l’aura inventé, et pourquoi pas ? il y en a bien qui disent bravitude, alors…), on se la réserve pour un autre soir. Parce qu’aujourd’hui est un beau jour, même si les tenants et les aboutissants de la chose ne vont pas exactement dans le sens qu’on aimerait, mais bon, on ne va pas non plus faire la fine bouche. Voilà l’objet : le Dakar est annulé ! Youppi! Et même Champagne ! pendant qu’on est parti ! Annulé, dîtes donc, pour une nouvelle, c’est une bonne nouvelle, non ? L’an passé, à pareille heure, on se lamentait sur cette page avec Renaud qui nous décrivait ces 500 connards sur la ligne de départ… etc. On râlait, ben oui, qu’est-ce qu’on pouvait faire d’autre ? Et puis voilà que ce matin, les organisateurs décident d’annuler l’épreuve, juste au moment où on me raconte que deux types du bled à côté partaient, casques astiqués et moteurs tout pareil, pour jouer les Mad Max dans les sables mauritaniens. On est contents ! Les raisons, bien sûr, c’est infiniment moins drôle. La trouille du
terrorisme, du fanatisme, de la bande de méchants pas beaux qui te coupent le sifflet vite fait au détour d’une piste… Déjà, des voix s’élèvent : oui,
Quoi d’autre ? Ah oui, notre président s’en est allé faire du tourisme, en Jordanie, cette fois. Depuis qu’il est élu, ce type-là, il se balade tout le temps. Mais attention, culturelles, les vacances, toujours. Les Pyramides, Petra, Marrakech. Ah, ce n’est pas lui qui irait passer un week-end à Disneyland, eh oh, et puis quoi encore ? Ce qui chiffonne un peu, tout de même, c’est de se dire qu’à son âge, avec la place qu’il avait avant d’être grand chef, jamais il n’a pris le temps d’y aller dans tous ces coins-là… Pourquoi, à votre avis ? Trop cher ? Trop loin ? Trop compliqué à comprendre ? Ou tout simplement, pas envie de se raser avec des histoires d’Histoire, pharaons et Cie. Peut-être… Vous avez entendu la dernière ? Paraîtrait qu’on est tous rien que des jaloux de sa nouvelle conquête. Oui, comme je vous le dis. Jaloux et surtout pas habitués. Dans le texte : pendant 12 ans, on a eu un genre maison de retraite à l’Élysée, et maintenant, on a (je cite) « un mec qui en a et qui s’en sert »… Mazette ! Ça te pose sa nation, des dirigeants de cette envergure, et de cette qualité dialectique, non ? Je sais bien, je ne suis qu’une pauvre fille incapable de comprendre le sens subliminal de cette phrase sibylline. Mais mine de rien, j’ai bien saisi le rapport avec l’affiche de son pote Bigard… C’est bien à ce niveau-là que ça se tient, rassurez-moi, les gars ?
brigitte blang prs 57