Le bureau national du PS doit respecter les engagements qu’il a fait prendre aux militants devant la population et créer les conditions d’un referendum portant sur le nouveau traité européen.
Par Amaury Couderc
Il y a à peine quelques semaines, au cours de la campagne de l’élection présidentielle, ainsi qu’au cours de l’élection législative qui a suivi, François Hollande et Ségolène Royal demandaient aux militants socialistes, exprimant en la matière l’opinion du PS, de faire campagne pour que le nouveau traité Européen soit soumis à référendum, respectant ainsi le vote des citoyens du 29 mai 2005. Ségolène Royal au nom du PS déclarait que tout autre projet susceptible de remplacer le projet constitutionnel devait être soumis à ratification par voie référendaire. Au cours de ces deux campagnes les militants ont bien sûr défendu cette position contre la proposition de Nicolas Sarkozy de faire adopter par les seuls parlementaires un soi-disant « mini traité » qui s’avère être en réalité le même traité souvent aggravé sur certains points.
Jusqu’à preuve du contraire, cette position reste la position officielle du PS.
Des militants réduits à l’état de girouettes !…ou de qui se moque t’on ?
De qui se moque t’on, après avoir fait de cette position en faveur d’un nouveau référendum non seulement un principe, mais une « obligation démocratique » une majorité d’environ les deux tiers du bureau national sous l’égide de François Hollande décide, sans aucun mandat pour cela d’appeler les parlementaires socialistes à ratifier le traité présenté par Nicolas Sarkozy et abandonne de fait l’idée même d’un référendum.
Dès lors que ce traité modifie le fonctionnement de nos institutions, il doit être soumis à l’approbation populaire conformément à l’actuelle Constitution française. Il faut donc modifier la constitution pour la rendre compatible avec le nouveau traité. Les parlementaires, et les parlementaires socialistes en particulier, ont donc la capacité politique d’obliger Nicolas Sarkozy à soumettre ce traité à un référendum populaire.
Au delà du oui ou du non, l’obligation de s’adresser au peuple souverain par référendum a été approuvé par une majorité de Français. Aujourd’hui plus de 68% des Français sont favorables à un nouveau référendum sur le nouveau traité Européen. Encore une fois, ce sont les élites qui se renient et trahissent leur parole. La direction du PS, au cours de son bureau national, a choisi d’approuver un texte qu’elle jugeait médiocre 15 jours auparavant. Cette décision ne peut pas engager les militants, qui ont, au nom du parti, engagé leur parole au cours de la campagne, nous ne sommes pas des girouettes prêtes à expliquer que ce qui était mauvais avant les élections et l’était encore il y a 15 jours est subitement devenu convenable et acceptable.
Une décision qui divise les socialistes et la gauche
La direction du parti a pris, par cette décision, la lourde responsabilité de diviser une fois encore un parti déjà en très mauvais état. La crédibilité du parti déjà largement entamée dans l’opinion publique est aujourd’hui au plus bas au moment où les attaques de la droite contre le salariat sont d’une brutalité extrême et nécessiterait un parti et une gauche rassemblés pour y faire face.
La démission de Benoît Hamon, du secrétariat national en charge des questions Européennes, montre bien que cette décision du bureau national est en contradiction avec la volonté de rassembler les socialistes par une position commune face à Nicolas Sarkozy.
Au delà du oui ou du non, l’exigence d’un référendum aurait pu être cet élément de rassemblement.