| Sarkozy a menti Il faut tordre le cou de toute urgence à une thèse désastreuse qui circule parfois jusque dans la gauche : l’élection présidentielle donnerait à Sarkozy le droit de soustraire le nouveau traité européen au référendum. « Ne l’avait-il pas annoncé ? Les Français étaient prévenus. On peut le déplorer mais il faut accepter le verdict des urnes. » Ce raisonnement se présente comme une évidence démocratique. Mais il est porteur des pires reculs en la matière. |
| L’élection de 2007 visait uniquement à pourvoir au poste de Président de Dès lors que les Français n’ont pas donné les pleins pouvoirs à Sarkozy, ils ne lui ont pas donné celui de modifier à sa guise « Juridiquement vous avez peut-être raison, mais l’élection lui donne la légitimité politique d’agir ainsi », nous rétorqueront ces opposants en gants blancs. Faut-il rappeler à ces étourdis ce qu’a promis Sarkozy en matière européenne ? Dans son projet présidentiel : « J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié , limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire, afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 États membres. La question de la réécriture d’un texte plus global, scellant la dimension fondamentalement politique de l’Europe, se posera dans un second temps. » Au Congrès d’investiture de l’UMP : « Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : "nous ne ressusciterons pas Or tous les analystes le disent : le « nouveau » traité n’est que la reprise sous une autre forme du texte initial de On pourrait aussi rappeler sa promesse de réorienter la construction européenne. Discours de Charleville-Mézières : « La surévaluation de l’euro est une erreur. (…) La religion du libre-échange absolu est un renoncement. (…) Considérer la concurrence comme un dogme intangible est un renoncement. » Discours de Lille : « Depuis longtemps la pensée unique nous explique qu’une monnaie forte c’est bon pour l’économie et que de toute façon c’est le marché qui décide du cours de la monnaie. Eh bien ce n’est pas vrai. (…) Regardez Airbus ! Voyez comment l’Euro trop cher abîme l’une des plus belles réussites industrielles de l’Europe ! J’ai toujours dit oui à l’Europe, mais pas à cette Europe là ! Je veux une autre Europe, une Europe qui agit au lieu de subir. Une Europe qui défend ses intérêts au lieu de les immoler sur l’autel de la pensée unique. » Or le nouveau traité européen ne change rien au statut de |
l'édito de François Delapierre
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