Ces salariés qui travaillent déjà trop
Les 650 salariés de la brasserie Kronenbourg d’Obernai, dans le Bas-Rhin, se sont mis en grève parce qu’ils n’en pouvaient plus des « heures supplémentaires » imposées par leur direction. Depuis un mois, pour remplir les carnets de commandes, les employés travaillaient 48 heures par semaine, voire 50, en faisant les trois-huit. Ils demandent la transformation des heures supplémentaires en embauches et de meilleures conditions de travail. On pouvait lire sur les affiches des grévistes : « Travailler plus pour mourir plus vite ».
Les centres de recherche du groupe Renault ont enregistré lundi 24 septembre le 4e décès d’un de leurs salariés par suicide. Une enquête a permis de révéler un dépassement massif de la durée légale du travail sur ces sites, au point que Renault a cru bon de rappeler le droit à une pause déjeuner quotidienne ou encore l’interdiction du travail à domicile et a décidé d’ouvrir ces sites à 7h et non plus 5h30 et de les fermer à 20h30 au lieu de 22h30. Sur un site de production cette fois-ci à Cléon en Seine-Maritime, l’inspection du travail vient d’épingler Renault pour avoir systématiquement contraint des salariés à renoncer à prendre les arrêts maladie prescrits par les médecins et hôpitaux.
Quand les heures sup passent, la retraite trépasse
C’est un autre effet pervers de la montée en puissance des heures sup : elles n’entrent pas dans le salaire de référence qui sert de base pour calculer la retraite. En remplaçant régulièrement les hausses directes de salaires par des heures sup (réelles ou fictives), les employeurs font subir une lourde perte au salarié au moment de la liquidation de sa pension.
Vers la fin de la durée légale du travail ?
Nicolas Sarkozy qualifie cette loi de « premier pas ». Ce faisant, il révèle aussi un objectif moins avoué : en finir avec la durée légale du travail et offrir aux employeurs, dans chaque entreprise, la liberté de fixer la durée du travail. Le 20 septembre à la télévision, il a préparé le terrain : « Savez-vous qu’un salarié n’a pas le droit de faire des heures supplémentaires dans son entreprise s’il n’y a pas eu un accord pour la branche ? C’est hallucinant ». Durant la campagne présidentielle, Fillon avait déjà souhaité qu’avant la fin de la législature, la durée du travail soit fixée par accord d’entreprise. Pierre Méhaignerie, président de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée, a promis de déposer un amendement permettant qu’un accord d’entreprise puisse déroger à un accord de branche, dans le cadre du projet de loi de financement de