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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


dans À gauche

Publié par prs 57 sur 1 Octobre 2007, 23:00pm

Catégories : #prs57

Financement des retraites : la clé du problème

 

Quand la droite parle d’équité, il faut s’attendre à encore plus d’inégalités entre les riches et les pauvres… Et pour parvenir à ses fins, la droite a bénéficié de points d’appui nombreux pour faire entrer dans les têtes la nécessité de sa « réforme des retraites ». La question du financement comme celle de l’augmentation de l’espérance de vie ont été patiemment introduites dans les têtes. Il ne serait plus possible de partir à la retraite aussi tôt du fait des courbes démographiques et des problèmes de financement incontournables. Pourtant aujourd’hui, la richesse produite ne cesse d’augmenter et il faut moins de salariés qu’hier pour la produire. Comme l’indiquait le rapport Charpin en 1999 : « (...) la croissance de la productivité permet de financer des pensions de retraites plus élevées qu’elles ne le sont aujourd’hui ». De nombreux observateurs, dont le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), indiquent que le niveau des besoins estimés est loin d’être catastrophique. Certes, dans notre pays l’espérance de vie augmente et il faut s’en réjouir. Du fait de l’augmentation du nombre de personnes de plus de 65 ans, le montant des dépenses globales des retraites, qui représentait 11,6 % du PIB en 2000 (soit 163 milliards d’Euros), devrait augmenter jusqu’aux années 2040 pour représenter 18 % du PIB. Durant cette période, en prenant l’hypothèse d’un taux moyen de croissance annuelle de 1,6 % selon les estimations du COR, la richesse de notre pays devrait doubler. Pour le Conseil d’Orientation des Retraites, « il était possible de maintenir le niveau des retraites à condition d’augmenter les cotisations retraites de 15 points en 40 ans ». Cela représente une augmentation de 0,38 point par an. Bien sûr, le principal opposant à cette proposition est le Medef, qui prétend qu’une augmentation de 0,25 point pour les cotisations patronales et de 0,13 point pour les cotisations salariales est impensable. C’est au contraire non seulement possible, mais souhaitable.

 
Redistribuer de la richesse produite. L’augmentation de productivité du travail voit progresser la richesse créée. Ce surplus de productivité doit donner lieu à une progression des salaires et cette hausse des salaires permettrait d’augmenter les cotisations sans que cela réduise le salaire net… Cela n’empêcherait ni les profits ni les salaires directs d’augmenter.

Faire progresser le taux de reversions (ratio salaire/retraite) en augmentant les cotisations et lier cette augmentation au retour à un calcul sur les dix meilleures années dans le privé. Supprimer le plafonnement des cotisations qui fait que plus on gagne, moins on cotise, proportionnellement. En Alsace-Moselle, les cotisations sociales ne sont pas plafonnées. Pourtant, la caisse de retraite concernée n’est pas déficitaire.

Imposer tous les éléments de la rémunération, c’est-à-dire la totalité des richesses produites (primes, plans épargne entreprises, participation, intéressement, dividendes…), car la part de ces revenus exonérés de cotisation est de plus en plus importante, ce qui contribue à aggraver les déséquilibres des régimes de retraite par répartition.

Supprimer la fiscalité « intéressante » de l’actionnariat qu’elles qu’en soient les formes. Pour financer des retraites égales à 75 % du salaire, il faut évidemment que l’augmentation des cotisations soit portée plus rapidement par les cotisations patronales.

Accorder une année de cotisation tous les cinq ans aux métiers reconnus pour leur pénibilité – la liste devant être élargie à de nouveaux métiers – et créer les modalités d’années donnant droit à leur prise en compte dans le calcul de la retraite (stages, périodes de formation…).

 Tout cela permettrait de « répartir autrement les richesses ». Il s’agit de reprendre les 160 milliards d’euros annuels gagnés par les profits au détriment des salaires au cours des 25 dernières années !

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