Les régimes spéciaux sont-ils un privilège ?
Rappel des faits. Nicolas Sarkozy veut boucler la réforme des régimes spéciaux de retraite « avant la fin de l’année ». Les syndicats de salariés des entreprises concernés (SNCF, EDF, GDF, RATP, etc…) préparent la riposte.
Le 18 septembre, le chef de l’État annonçait sa décision de « réformer » les régimes spéciaux de retraite, en les alignant sur celui de la fonction publique. La main sur le coeur, il jurait que, sur ce sujet sensible s’il en est, il ne voulait pas « passer en force » et ferait toute sa place à la concertation. Jeudi soir, patatras ! le ministre du Travail, Xavier Bertrand, contredisait cette belle assurance en indiquant que la réforme se ferait par décret. Tout au plus le Parlement aurait-il droit à un débat, sans vote, les 2 et 3 octobre.
Ce décret, qui pourrait tomber dans la première quinzaine d’octobre et servirait de cadre aux discussions prévues ensuite dans les entreprises concernées, fixerait, selon M. Bertrand, « les principes de la réforme » : la « convergence » avec le régime de la fonction publique, l’allongement de la durée de cotisation de 37,5 ans à 40 ans, et l’indexation des pensions des régimes spéciaux sur les prix, et non plus sur les salaires. Autant dire, comme l’a relevé Jean-Christophe Le Duigou, dirigeant de
Et la négociation réduite à un rôle d’ornement. La messe, pourtant, n’est pas dite. Les premiers intéressés organisent la riposte. Les cheminots seront en grève le 18 octobre. Cinq syndicats de
Yves Housson