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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


ADN, réactions...

Publié par prs 57 sur 26 Septembre 2007, 23:00pm

Catégories : #pas content et on le dit!

Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature.
« Cet article de loi est finalement la remise en cause de tout notre droit de filiation, qui fait qu’on se reconnaît. Ce n’est pas seulement une question de la réalité biologique : on installe un système où existe deux poids deux mesures. Quand il s’agit d’étranger, il faut qu’il établisse la réalité biologique de son lien de filiation. Par contre, quand il s’agit de Français résidant en France, il y a une interdiction absolue de recourir à des tests, sauf décision exceptionnelle des juridictions dans le cadre d’instance bien précise. Cette disposition est discriminatoire et dangereuse. »

Albert Jacquard, généticien.
« Je ne vois pas pourquoi des enfants adoptés ne pourraient pas faire l’objet d’un regroupement familial, au même titre que les enfants biologiques. La notion de fabrication par l’intermédiaire d’un spermatozoïde et d’un ovule ne devrait pas intervenir. La filiation culturelle et affective est au moins aussi importante que la filiation biologique. De plus, cela va provoquer des drames dans certaines familles si des gènes apparaissent là où ils n’ont rien à y faire. »

Richard Moyon, Réseau éducation sans frontières.
« Le test ADN dans le regroupement familial est la porte ouverte à son utilisation dans tous les domaines où la filiation compte, une avancée immense ! Pourquoi, par exemple, ne pas l’imposer aux prétendants à un héritage. De quel droit des bâtards qui s’ignorent viendraient-ils amoindrir la part des descendants génétiquement purs ? Cette infamie, probablement annoncée pour occulter les autres mesures (revenus minimum, test de langue, menace sur les allocations, quinze jours pour faire appel de l’OFPRA) est le couronnement de la politique du ministre de la rafle et du drapeau. Les hommes traités comme des marchandises, en objectifs quantifiés, en flux et en quotas. À quand les quantités exprimées en têtes ou en tonnes ? 1 750 tonnes expulsées, 20 têtes d’Indiens importées ? »

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF.
« Ils ont bâti des murs et des barbelés. Ils ont multiplié les chasses à l’homme, joué de la peur et terrorisé les enfants. Ils construisent maintenant un mur biologique, heurtant toute bioéthique : ils vont contrôler ces hommes et ces femmes en fonction de leur ADN. L’engrenage ne s’arrête pas. Avec ce contrôle ADN, ils réduisent l’identité des migrants à celle de leurs gênes, comme s’ils n’avaient pas d’histoires ou de culture. C’est effrayant. L’humanité est ailleurs. L’humanité est celle de ces hommes et ces femmes qui veulent simplement vivre. L’humanité est la nôtre qui luttons pour un monde solidaire, un monde d’échanges et de partages, un monde où personne n’aurait plus à fuir de chez soi pour vivre vraiment. »

Grégoire Simon, musicien des Têtes raides.
« Cette loi qui fait passer l’économie avant l’humain, ça me choque. Ces statistiques et quotas rappellent les heures les plus sombres de l’histoire. On rabaisse les êtres humains plus bas que terre. On instaure la peur. La femme chinoise qui s’est défenestrée : voilà à quoi mènent ces lois. Il faut rester en phase avec le terrain, on oublie que partir de son pays, c’est un arrachement. Il faut avoir atteint le fond pour être prêt à mettre sa vie en péril, ce n’est pas du tourisme ! Cette loi veut dire que la France n’évoluera plus avec l’extérieur. Humainement, ça ne mène à rien ! Alors il faut lutter, signer la pétition, relier les actes de résistance, même si la loi est quasi passée, il faut se manifester ! Le 30 septembre à Lille il y a un concert de résistance avec Marcel et son orchestre, Axiom… »

Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire.
« Cet amendement est un véritable scandale. Après la maîtrise préalable du français, l’introduction des tests pour vérifier la légitimité de la filiation biologique complète le dispositif anti-immigrés en réduisant à sa plus simple expression le regroupement familial. Outre le fait que la filiation ne se résume pas à la filiation biologique, l’objectif est clair : multiplier les obstacles au regroupement familial en lui substituant une immigration sélective qui s’apparente au pillage des cerveaux. Non content de multiplier les rafles de sans-papiers, de convoquer les préfets qui ne font pas assez d’expulsions, Hortefeux, en soutenant l’amendement sur l’utilisation des tests ADN, veut enrôler la science au profit d’une politique raciste et colonialiste. »

Jean-Claude Tchicaya, cofondateur de Devoirs de mémoires.
« L’idée d’une immigration "choisie" et non "subie" annonçait des dérives comme celle de l’instauration des tests ADN pour les candidats au regroupement familial. D’un point de vue éthique, les scientifiques eux-mêmes ont toujours exigé une utilisation à des fins médicales ou scientifiques de l’ADN ou dans des cas exceptionnellement graves sous contrôle judiciaire (voir l’article 16 du Code civil, loi de bioéthique de 1994 et 2004). Criminalisation des appauvris ? D’un point de vue politique, sachant que cette disposition est facultative et expérimentale, quel est son intérêt ? Il s’agit d’alimenter la suspicion à l’égard de certains immigrés que nous "subirions", la vision fantasmée d’un immigré "envahisseur, fraudeur et parasite". Suivez mon regard… Cela jette aussi l’anathème, par ricochet, sur ceux qu’on appelle immigrés ad vitam aeternam et leurs enfants. »

 

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