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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


lu dans l'huma

Publié par prs 57 sur 18 Septembre 2007, 21:22pm

Catégories : #à gauche - toutes !

Les suites très attendues d’une rencontre évènement

Gauche. Très grand écho du débat des quatre leaders à la Fête de l’Humanité. Le collectif Ripostes se réunit ce soir. Des prolongements concrets sont espérés.

« Anedoctique et sans intérêt », c’est ainsi que le directeur de Libération, Laurent Joffrin, qualifiait hier sur France Info la rencontre débat entre les quatre responsables de la gauche, Marie-George Buffet, Cécile Duflot, François Hollande et Olivier Besancenot, samedi à la Fête de l’Humanité. Il est vrai que Libération, barrant sa une le matin même d’un énorme « Jospin flingue Royal », préférait focaliser l’attention de ses lecteurs sur la bataille de leadership qui fait rage au Parti socialiste. On voudrait continuer à désespérer la gauche qu’on ne s’y prendrait autrement. Or ce qui fut frappant dans la Fête de l’Humanité, lors de ce débat et de bien d’autres qui s’y déroulaient, c’est l’aspiration exactement inverse à relever la tête, à reconstruire du solide à gauche le plus vite possible. Comment expliquer autrement l’énorme affluence de cette édition 2007 à La Courneuve ?

Les défis de la reconstruction

Certains commentaires découvrent la lune. Le débat à l’Agora de l’Humanité n’a pas résolu les problèmes de la gauche, qui l’eût cru ? Les mêmes voudraient surtout tourner la page, faire comme si ce dialogue était par avance mort-né, comme pour justifier l’avertissement lancé par Marie-George Buffet lors du débat : « Nous ouvrons une passerelle, ne la retirons pas aussitôt la fête terminée. » Ne faisons certes pas dire à cette rencontre ce qu’elle n’a pas dit. Voyons plutôt les indications précieuses qu’elle apporte à tous ceux qui veulent relever les défis de la reconstruction d’une alternative politique résolument à gauche.

La première de ces indications nous vient du public. Plus de trois mille personnes s’étaient pressées là et beaucoup d’autres renoncèrent faute de place. Climat tendu, craignaient certains. À l’arrivée, tensions et attentes maximales autour de deux exigences : unité et qualité des contenus. Tribune incongrue, disaient d’autres, en écho aux projets qui veulent écarteler la gauche en deux pôles irréconciliables. Tout le monde était là, et chacun a défendu sa posture. Plus significatives étaient les réactions du public, balisant l’échange, rappelant à l’ordre l’un ou l’autre des intervenants, Olivier Besancenot quand il semble mésestimer l’enjeu des majorités électorales, François Hollande quand il botte en touche sur les régimes spéciaux. C’était manifeste, les leaders de gauche avaient répondu à une très forte attente en venant débattre. Ils perdraient beaucoup, tous, à décevoir en ne donnant pas de débouchés concrets à la réunion prévue ce soir du collectif Ripostes. Une chose est certaine, le débat de la gauche gagne à se mener à visage découvert, devant un public qui manifestement cherche à ne rien lâcher, ni entériner la division, ni renoncer à ses exigences.

Double exigence, de riposte et de projet

C’est la seconde indication. Le débat à gauche ne peut se décoincer qu’en restant calé sur cette double exigence, de riposte et de projet, de rassemblement et de confrontation d’idées. C’est en travaillant sur tous ces terrains, sans les opposer, mais sans non plus les confondre, que les lignes peuvent bouger. Ce qui appelle manifestement à bousculer les stratégies d’enfermement des uns ou des autres. Sur la riposte à la droite, Cécile Duflot et Olivier Besancenot ont joué au ping-pong durant le débat, la dirigeante des Verts semblant conditionner son engagement à l’entrée en dialogue de toutes les forces sur les contenus d’un projet, quand le dirigeant de la LCR s’obstinait à récuser toute recherche commune de projet, théorisant la séparation des gauches. Sur le projet et les municipales, François Hollande parle rassemblement, reconnaissant que le PS ne peut gagner seul, mais contourne le débat des contenus. Face à ces difficultés, il serait suicidaire de cultiver un état d’esprit du tout ou rien, de rester l’arme au pied. En mettant au clair les différences, le débat de la fête pointe également les leviers sur lesquels il convient d’agir. Pour dépasser les obstacles actuels, le mieux est de saisir toutes les perches tendues sans en négliger aucune : celle de la riposte, celle du débat de projet, celle du rassemblement à gauche pour les municipales.

Pierre Laurent

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