... Ou peut-être bien le contraire!
A force de ne pas assumer ses choix, de s'adapter à un environnement libéral sans l'avouer ni en débattre, le PS « tourne en rond » et a renoncé à son ambition transformatrice: là sont les racines de sa défaite à la présidentielle, à en croire le fabiusien Guillaume Bachelay.
Ce jeune membre du Bureau national du PS revient sur 25 ans de contorsions dans un livre court et stimulant, « Désert d'avenir ? Le Parti socialiste, 1983-2007 » (Editions Bruno Leprince), à paraître le 10 septembre.
Le titre suggère une mise en cause de Ségolène Royal et de son association « Désirs d'avenir ». À tort: l'auteur fait remonter la crise du PS à ce qu'on a appelé « le tournant de la rigueur » en 1983.
Ce virage vers l'intégration dans une Europe libérale n'a « fait l'objet d'aucune évaluation véritable au PS » parce que, affirme-t-il, « le catéchisme de l'unité et la liturgie de l'unanimité tuaient dans l'oeuf tout débat stratégique ».
Le PS, c'est « le socialisme de Janus », avec « deux visages, l'un social, l'autre libéral », écrit ce proche collaborateur de Laurent Fabius. « D'une défaite l'autre, nous tournons en rond depuis cinq ans, poussant un peu plus chaque année la mise hors jeu du socialisme de gouvernement et de changement ».
A ses yeux, le défi socialiste est de sortir « de cette alternative infernale » décrite par M. Fabius: « soit rendre les armes et pratiquer une sorte de social-centrisme, soit tenir bon en se faisant accuser d'archaïsme ».
(Guillaume Bachelay – « Désert d'avenir ? Le Parti socialiste, 1983-2007 » Editions Bruno Leprince - 7,5 euros)