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L’urgence, c’est donc le réarmement théorique et pratique de la gauche, c’est d’organiser sa contre-offensive culturelle et organisationnelle. Allons même plus loin, c’est toute la gauche qu’il faut reconstruire en brisant les anciennes frontières pour faire émerger une force neuve, conquérante et fédératrice, un parti de toute la gauche, sûr de ses valeurs et de son projet.
Tels sont les objectifs que nous nous assignons. Nous sommes issus des mondes universitaire, syndical, intellectuel, économique, administratif ou politique, nous appartenons à la gauche.
Nos engagements ont trouvé de trop rares occasions de se croiser, de s’enrichir et de vaincre ensemble depuis longtemps. Beaucoup d’entre nous n’ont pas quarante ans. Nous avons observé dans nos disciplines et nos trajectoires la résistance de ce « plafond de verre » qui empêche le renouvellement des analyses et la régénération de la pensée à gauche.
Nous ne supportons plus de voir les batailles politiques perdues les unes après les autres, contraints de rester l’arme au pied faute d’être mobilisés. Nous jugeons que la gauche doit interroger, pour mieux les ordonner au regard des besoins des temps présents et à venir, les missions et les moyens de tous les lieux de l’action politique (l’Union européenne, l’Etat, les collectivités locales), de tous les pouvoirs devant concourir à l’idéal démocratique et à la défense des libertés (le Parlement, la justice, la presse d’information) et de tous les leviers de la transformation et de la cohésion sociales (le service public, l’entreprise, la sécurité sociale, l’éducation, la fiscalité, la formation, le syndicalisme…).
Le XXIème siècle a besoin de solidarité, de justice, de progrès social. Ces valeurs ne sont ni le produit nostalgique de vieilles théories, ni le simple outil sémantique d’une gauche qui aurait renoncé. Elles sont le fondement de notre engagement et de notre volonté de réflexion et d’action. Aujourd’hui, l’évidence est que nous manquent les outils et les concepts qui nous permettront de les répandre, de convaincre et, demain, de l’emporter.
Nous voulons élaborer un nouvel intellectuel collectif. Aujourd’hui, nous créons «
• Nous penserons le changement de la société autant à partir de la réflexion des chercheurs, des universitaires, des experts et hauts fonctionnaires qu’au travers de l’expérience des praticiens, syndicalistes et acteurs sociaux ; nous proposerons des analyses et leurs débouchés concrets sous forme de traductions politiques opérationnelles.
• Nous ne croyons plus aux diagnostics intangibles, c’est pourquoi nous créons un lieu sans soumission à l’égard d’une famille ou d’une personnalité de la gauche.
• Nous refusons la dichotomie stérilisante qui s’est installée entre une gauche seulement protestataire et une gauche de gouvernement qui déçoit. Nous voulons créer un espace où se rencontrent toutes les familles de la gauche, un espace où les traditions de la discussion, de la confrontation, de l’examen scientifique des faits reprennent leurs droits.
• Nous nous donnerons les moyens d’un lobbying efficace auprès de l’opinion, des responsables politiques, de la société civile, des entreprises, les outils d’une diffusion la plus large possible de nos propositions et d’une communication adaptée à la nouvelle société de l’information.
Nous avancerons, avec l’ambition d’être utiles, sans bride, idée reçue ou anathème, en nous donnant les moyens de recueillir les héritages sans les vitrifier, tout en contribuant à bâtir, avec tous ceux qui le voudront, des corpus et des systèmes nouveaux. Car c’est à cette condition seulement que pourra naître la gauche de demain, une gauche qu’il est plus que temps de réinventer.
Dès maintenant, «
Benoît Hamon, député européen, secrétaire national du Parti socialiste