Sarkozy a choisi Royal en 2007. Quel adversaire va-t-il choisir en 2012 ?
Delanoë, l’adversaire idéal pour Sarkozy en 2012 ?
Bertrand Delanoë et Nicolas Sarkozy pourraient se retrouver face à face en 2012 pour la prochaine élection présidentielle. Une situation avantageuse pour l’actuel président qui espère la réélection du maire de Paris afin de le promouvoir, comme il l’avait fait de Royal, et de mettre un peu plus la pagaille dans la maison PS.
Jacques Chirac a longtemps été un modèle pour Nicolas Sarkozy. Et ce dernier a bien compris que
Des élections gagnées d’avance ? Du côté de l’UMP, on nie en bloc : Françoise de Panafieu affiche l’unité de la droite à Paris pour les municipales, comme elle le répétait au Monde le 5 juillet, et s’appuie sur la légitimité de l’élection primaire. « Sarkozy a complètement lâché de Panafieu : il ne peut pas la supporter ! assure un proche de Jean-Louis Borloo, qui espère lui-même postuler à la mairie. La façon très ostentatoire qu’elle a de revendiquer sa candidature montre bien son embarras. »
Où que l’on se tourne en dehors de l’UMP, tout le monde est persuadé de la victoire du sortant : « À moins d’un événement extraordinaire, il est indéboulonnable, se résigne Didier Bariani, conseiller Modem de Paris. D’ailleurs, l’Elysée a déjà quasiment acté sa réélection. » Ainsi se dessine une stratégie sarkozyste consistant à laisser les grandes villes à la gauche, et à « se contenter du peuple », 60% des Français.
« Les grands pôles urbains rassemblent un électorat minoritaire, analyse Christophe Guilluy, sociologue des territoires. Sarkozy, lui, tient à s’assurer l’électorat majoritaire des périphéries. Delanoë est d’ailleurs emblématique du nouvel électorat socialiste préoccupé par les questions sociétales, ce qui laisse à l’UMP le champ libre sur le social. C’est aussi une façon de bloquer le débat au sein du PS. »
« Delanoë n’a besoin de personne à droite pour s’attaquer à Royal ! »
« Plus le PS est divisé, mieux c’est ! » Voilà comment un cadre de l’UMP résume « la méthode Sarkozy ». Un proche de la majorité présidentielle au conseil de Paris renchérit : « Delanoë n’a besoin de personne à droite pour s’attaquer à Royal ! » Les « indiscrets » pointent d’ailleurs les visites très régulières d’Elisabeth Guigou à l’hôtel de Ville ces dernières semaines. « Je doute qu’elle vienne parler des vélos ! » s’amuse un membre de l’opposition locale.
Du côté de Solferino, la plupart des « royalistes », très attaqués ces temps derniers, jouent les farauds. D’autres, en revanche, s’inquiètent d’un scénario qui semble se répéter : « Il ne faut pas se raconter d’histoires : si Nicolas Sarkozy a choisi Ségolène Royal en 2007, qu’il craignait moins que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, il peut fort bien miser sur Delanoë pour 2012, confie un responsable. C’est un calcul bête et méchant : il joue sur les réticences psychologiques de certains Français à l’idée de voter pour une femme ou pour un homosexuel. »
On pourrait suggérer à Françoise de Panafieu et Ségolène Royal de se retrouver « entre femmes » dans un restaurant parisien : en joignant leurs forces, elles parviendraient peut-être à déjouer la « haute » stratégie présidentielle.
Sylvain Lapoix (marianne2007.info du dimanche 08 Juillet 2007 )
Alors là, on boit du petit lait, mes camarades, enfin, légèrement aromatisé vinaigre, néanmoins ! parce que, objectivement, on disait quoi ici même, pendant la campagne interne, souvenez-vous ? Ni plus ni moins ce qui se dit là-haut dans Marianne : depuis 2001, c’est bien la droite, et elle seule qui mène le bal. Chirac (ou en tous cas ses amis), sentant le vent du boulet lui frôler la nuque, fait monter entre 2001 et 2002 le sentiment d’insécurité. Jospin a la faveur de l’électorat, le bilan de la gauche, même plurielle, est plutôt bon. Chirac va être battu, ça ne fait pas un pli. Alors, hardi petit, quitte à provoquer des événements un peu limites, on va faire monter Le Pen, avec l’appui des copains médias. Avec lui, pas de soucis, le sortant gagne et même largement. On en a eu la preuve le 5 mai 2002 au soir … 82% ! Cinq ans après ? Y a plus qu’à remettre le couvert, avec d’autres méthodes, cependant, puisque les circonstances ne sont plus comparables. En gros, ça donne ça, sur les trois ou quatre années qui viennent de passer : le mécontentement est à son comble, les manifs succèdent aux manifs, et avec succès, en prime ! Voir le CPE par exemple… Les gosses sont dans la rue, et l’opinion est derrière eux, évidemment, quand on laisse griller deux gamins dans un transfo, même s’ils sont blacks, ça secoue le bon peuple (ça aurait pu être le mien…). Les élections intermédiaires se gagnent à gauche les unes après les autres. La prime ? La victoire du NON contre le TCE, tien
s donc ! En 2006, le chef de l’UMP, le candidat déclaré décide de son adversaire. Ce sera une femme. Et les médias s’en emparent, exactement comme ils s’étaient emparés des petites exactions des cités en 2001. Mêmes méthodes qu’en face : photos dans Gala, Voici et Cie, gamins en première ligne, ce n’était pas « Bonne chance mon papa ! », mais ça y ressemblait furieusement. On va lui tisser des ponts d’or, on va la monter en épingle, et même, dans la presse, le candidat de droite déclare qu’elle a sa préférence. Ben tiens, on n’est pas complètement imbéciles non plus, on avait bien compris ! Fabius a gagné la bataille du Non, son discours ramasse à gauche du Parti, il a une stature d’homme d’État, Strauss est un économiste hors catégorie, lui, c’est plus vers le centre qu’il récupère, bref, face à n’importe lequel de ces deux-là, la droite perd, à tous les coups. Donc on va s’arranger pour que ce soit la troisième qui gagne le match interne. Quiconque était au meeting du Zénith le 26 octobre a reçu les résultats du vote des militants comme un coup de poing. Royal en était ressortie lessivée, essorée, KO debout sous les sifflets. 3 semaines plus tard : 60% … Cherchez l’erreur. Ce soir-là, le 16 novembre, ce n’est pas Ségolène Royal qui a gagné, c’est le candidat de l’UMP. C’est pour ça que j’en veux encore aujourd’hui à mes camarades socialistes d’avoir fait ce choix. Pas contre elle. Elle est ce qu’elle est. Ni pire ni meilleure qu’une autre (quoique…), mais de toutes façons moins efficace que l’aurait été un Fabius ou un Strauss. Certains, (-je les entends déjà, ce sont les mêmes qui nous disaient en 2003 qu’il fallait arrêter de refaire le 21 avril 2002, qu’il fallait « tourner la page ». Ouais, on l’a tournée, et avec quel succès ! Un vrai bonheur ! Revenons-y au contraire et sans se lasser, c’est de cet oubli malsain que viennent tous nos drames actuels,-) certains donc vont me dire de ne pas refaire le match, que c’est stérile, qu’on tourne en rond, tout ça. Je veux bien, mais pour le peu que je m’y connaisse en foot, il me semble bien pourtant que c’est en regardant les cassettes des rencontres perdues qu’on gagne les suivantes… en ne refaisant pas les mêmes erreurs, et pas en dansant sur la pelouse en criant « On a perdu, on est les rois ! »
brigitte blang prs 57