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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


Royal sur les courants dérivants

Publié par prs 57 sur 26 Juin 2007, 10:11am

Catégories : #un petit tour chez les socialistes

Parti socialiste.

L’ex-candidate, sous prétexte de modernité, alimente la déconstruction du clivage gauche-droite.

« L’hypertrophie du moi », François Hollande évoquait ainsi Nicolas Sarkozy après la prestation télévisée de celui-ci. La formule est juste. Serait-elle à cibles multiples ? De la pierre philosophale, Ségolène Royal est sur la piste. L’or, c’est le leadership sur le PS. Et aussi un hold-up sur le concept de modernité. Invitée de LCI, mercredi soir, Ségolène Royal a sans doute confirmé son parti pris d’émancipation en faisant table rase d’un certain nombre de valeurs de gauche. Avec en pierre de voûte la déconstruction du clivage gauche-droite. Interrogée à propos des débauchages de personnalités jusque-là réputées comme étant dans le premier camp, non seulement elle n’a pas désavoué les transfuges mais elle les a cités en exemple : « Ça fait réfléchir, a-t-elle dit, je pense que la gauche a été en retard, les socialistes ont été en retard. Cela doit interpeller le Parti socialiste. » Pis, elle en fait un élément d’une rénovation théorique du PS : « Je pense qu’il faut qu’il se passe quelque chose rapidement, qu’il y ait du mouvement, que les gens sentent que le PS redevient un lieu de discussion, de refondation idéologique, de travail, attire les meilleurs pour faire converger vers nous des forces vives avant qu’elles ne partent. »

Une bénédiction à laquelle Éric Besson lui-même devait être très loin de s’attendre. Sur ce chemin elle ne s’arrête pas. Face aux difficultés qui sont désormais les siennes pour parvenir à ses fins en contournant la base tout en en ayant besoin, l’ex-compagne du premier secrétaire en exercice, semble opter pour le régime éolien : se complaire dans l’air du temps quitte à pousser l’iconoclasme jusqu’à l’acceptation de l’insoutenable.

Dans une posture, qui tient davantage de l’obstination anti-PS que de l’analyse complexe de l’échec, elle a déclaré que l’augmentation à 1 500 euros brut en cinq ans, ou la généralisation des 35 heures, elle n’y croyait pas. « Deux idées qui étaient dans le projet socialiste. J’ai (les) reprendre dans mon pacte présidentiel. Ce sont des idées qui ne sont pas du tout crédibles. » L’aveu est éloquent. Peu de commentaires : de l’eau au moulin de ceux qui estiment que les ambitions de l’ex-candidate feront long feu. Sauf ceux de Jean-Luc Mélenchon, porte-voix de la stupéfaction générale : « C’est la preuve de sa part d’une très grande duplicité, a-t-il dit, est-ce que cela signifie que si elle avait été élue, après avoir fait ses promesses, elles ne les auraient pas appliquées ? François Hollande a sobrement remarqué » que « Mme Royal a toujours eu cette distance à l’égard du projet des socialistes ».

Dominique Bègles

(Il aurait peut-être dû nous le faire plus tôt, François, le coup de la "distance", non? Ça aurait évité d'amener à la candidature une moitié convaincue. Nous, on le disait avant le 16 novembre aux camarades qui allaient voter. Mais bizarrement, eux, ils ne l'entendaient pas. Et aujourd'hui, on nous raconte tout ça? Zut, faut encore manger son chapeau! Suffit, le menu ne passe plus...)

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