
Décidément, pas de jour qui n’apporte son lot de surprises. Comme disait l’autre, encore heureux qu’on va vers l’été, on se demande où on finirait…
À la radio, aujourd’hui, et je vous prie de croire qu’il te l’ont passée en boucle, la chouette info qui marche, Ségolène se lâche. Comment ça, elle se lâche ? Oui, elle nous balance tout net que les belles idées du projet socialiste, elles n’étaient même pas crédibles, c’est même pas elle qui les voulait, on l’a forcée à les prendre dans son pacte présidentiel. Ouh la ! Forcée ? Et qui ça, grands dieux ? Tous les méchants qui ne voulaient pas qu’elle soit présidente. Ça commence à faire, là quand même… Le SMIC à 1500 ? Foutaises ! Les 35 h généralisées ? Balivernes ! On va bientôt apprendre qu’elle aurait aimé défendre les centres de détention pour mineurs. Ah, elle les a défendus ? Désolée, ça m’avait échappé ! Alors, évidemment, il y en a un qui monte au créneau. Vous vous doutez bien qui ! Et comme on le connaît, Jean-Luc, il n’a pas fait dans la demi-mesure. Il l’a taxée vite fait de « duplicité » et aussi de « provocation consternante ». Et il a bien fait ! Bravo Mélenchon, toujours imité, jamais égalé ! Il pose LA question de fond, la seule qui vaille, en réalité : « Pourquoi, si elle n’y croyait pas, les a-t-elle défendues ? Et si elle avait été élue, après les avoir promises, les aurait-elle appliquées ? » On nous apprendrait demain qu’elle envisage de rejoindre la joyeuse bande de la rue du Faubourg St Honoré, on ne serait qu’à moitié étonné…
Hier soir, à la télé, le Président. (Ça ne marche toujours pas mieux pour le nom ! Mais je m’obstine, ça va finir par passer !) Vous l’avez vu ? Pas moi. Mieux à faire : bouquiner, écouter de la musique, se rincer un peu le mental. D’autant que par les temps qui courent, plus besoin de le regarder. On est tranquille : dès potron-minet, on te le commente et recommente à grands renforts de louanges. Là ce matin, aux petites aurores, on y a eu droit, le thé a du mal à passer : le gros de l’affaire, c’était le service minimum. D’abord, pour se mettre bien avec tous les travailleurs qui se sont retrouvés en rade un jour de grève. Vous savez bien, ceux qu’on « prend en otage ». Misère ! Otage ! Ce mot-là, je ne l’encadre pas. Souvenez-vous, en 2003, quand on s’était mis bien en mouvement, y compris chez nous, on caressait les parents dans le sens du poil aussi : les profs grévistes prennent vos enfants en otage… Bref, le Président, il en a remis une couche, et de première qualité. Il va falloir prévenir deux jours avant maintenant, quand tu vas vouloir faire grève. Pour qu’on puisse « organiser le service minimum ». Vous appelez ça comment, vous ? Briser un mouvement social ? Tiens, moi aussi ! Et alors au détour d’un paragraphe, mine de rien, la petite phrase qui fait mouche : « Les jours de grève ne seront plus payés… » C’est donc que, jusqu’à présent, il y avait des endroits où ils l’étaient, payés ? On aurait dû nous le dire plus tôt, on y serait allés bosser dans ce lieu de rêve ! C’est petit, c’est insidieux, ça distille le mépris de ceux qui luttent pour le mieux-être, c’est tellement moche qu’on ne sait même pas le qualifier. Il a seulement oublié une toute petite chose, le président, c’est qu’un travailleur qui se met en grève, c’est rarement pour son plaisir, c’est la dernière limite, la grève, ce n’est pas pour partir en vacances, encore moins en croisière. Un premier pas vers la casse des mouvements sociaux, avant de s’attaquer aux régimes spéciaux. Dans tous les cas, les cheminots sont gagnants. Même pas besoin de jouer, ils tirent le gros lot… Ça rend malade. Parce que ça, c'est fédérateur, de pointer du doigt les "privilégiés". Les privilégiés! J'aimerais bien le voir, lui, essayer de vivre avec le salaire d'un gars qui bosse sur la voie...
Malgré tout, le lot de consolation, ce soir, c’était d’entendre qu’à droite aussi, ils commencent à se tirer des bourres à savoir qui est le meilleur. Raffarin, le comique de service (fan de Johnny, lui aussi, comme quoi…),
brigitte blang prs 57