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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


Réflexions pour un week-end

Publié par prs 57 sur 17 Juin 2007, 00:23am

Catégories : #campagnes en tous genres

Aux urnes citoyens !

 Chez nous ici, pas de soucis, c’est repos des militants, puisque nous avons élu un député magnifique dès le premier tour. Comme pour Fillon, dis donc ! Trop de chance ! Lui aussi, élu, dans un fauteuil, dimanche dernier. Ce n’est pas pour nous vanter, mais ici, on a nos antennes à Sablé. Ce monde-là –du plus fréquentable, soyez-en assurés- nous a dit ses sentiments, sur la campagne. Que voici : s’il y avait bien UN endroit en France où le ballottage aurait été emblématique, c’est bien cette circo de Sablé. S’il fallait mettre un seul candidat de droite, un seul, sinon en difficulté, du moins en délicatesse, c’était celle-là. Or, ils ont vu quoi, en réalité, les Saboliens ? Fillon partout, Fillon toujours, avec ses potes, avec ceux de l’UDF, avec sa femme, avec son blazer de marin, avec ses mocassins, avec sa mèche de play-boy, et pendant ce temps-là, vous croyez que les socialistes ils auraient organisé une espèce de grand meeting/concert/pique-nique festif pour les électeurs de gauche qui, franchement, avaient bien du mérite à garder le moral, vu l’omniprésence du premier couteau de l'Élysée. Eh bien non ! Stéphane Le Foll, tout seul comme un grand, il a fait ses marchés. Pas un cador ou, éventuellement, une cadorette, on en connaît de très en vue, qui ne se présentait pas et qui du coup avait le temps… Pour contrer Fillon, on aurait pu déplacer la cheftaine. Attends, il n’a pas été élu avec 62 % comme le mien de député, Fillon. Non non ! 53, c’est tout… C'était faisable. On ne demandait pas qu’il soit battu, on n’est pas chien, quand même, mais un petit ballottage, à la Juppé, histoire de lui apprendre, ça aurait eu de l’allure. Voilà ce qu’elle raconte, ma gazette de Sablé, qui n’osait même plus sortir de chez elle le samedi pendant cette campagne, tellement c’était bleu partout, à tous les sens du mot !!! On a laissé passer la chance de l’obliger à la campagne totale. Dommage. Comme ça, cet après-midi, il a pu frimer à l’aise aux stands des 24 heures, l’air de dire, moi j’ai le temps, d’autant qu’il a raison, maintenant du temps il en a.

 En Lorraine cette fois, Aurélie Filipetti, une brillante normalienne, néanmoins fille de communiste, mineur de fond, comme quoi, on peut aussi être intelligent dans les corons, s’oppose à Alain Missoffe, héritier des De Wendel, il y a comme ça des affrontements électoraux qui sont d’une acuité historique du meilleur effet ! Ciao Bella, Aurélie !

 L’autre jour, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon racontait la visite au Sénat d’une classe de chez Julien Dray. Il en était tout ému, en imaginant qu’un de ces petits-là deviendrait peut-être un jour sénateur de l’Essonne. On avait envie de lui dire : « Chiche ! » et de lui raconter qu’en avril 90, une classe de troisième du collège de Sarralbe visitait l’Assemblée. Photo de groupe sur les marches de l’Hôtel de Lassay. Premier rang, la prof et le locataire du lieu : Laurent Fabius, ben oui, déjà ! Dernier rang, un gamin de quatorze ans, Mathieu Klein. Aujourd’hui Mathieu est conseiller général socialiste de Meurthe et Moselle. Aujourd’hui, Mathieu est candidat au deuxième tour contre un des jeunes loups UMPistes, Hénart. J’ignore si cette visite-là a été pour quelque chose dans son engagement à gauche, mais ça me plait de le croire ! Mathieu, tous les lecteurs de ce blog pensent à toi ! Et comme on dit dans notre campagne mosellane, on serre les pouces !

 Puisqu’on parle de jeunesse, revenons un instant sur la lettre de Guy Môquet que le nouveau président (vous avez vu, j’ai toujours du mal avec le nom, mais je m’entraîne, d’ici dix ans, ça devrait aller !) veut nous faire lire dans les écoles. Pas contre, loin de là, c’est une si belle page. C’est l’obligation qui va mal. Pourtant je me demandais l’autre jour en écoutant Léo me raconter l’Affiche Rouge, la lettre de Manouchian, elle est moins belle ? Certainement pas. En plus, c’est une lettre d’amour, aux petits ça leur parlerait bien cette histoire, cet homme qui au moment de mourir dit à sa chérie : Marie-toi, sois heureuse et pense à moi souvent, toi qui vas demeurer dans la beauté des choses… Manouchian, Môquet, même combat. Une évidence, mais Manouchian, on en parle moins ces temps-ci, vous ne trouvez pas ? Au fait, Manouchian, c’était pas un étranger? Y aurait-il un rapport ? On n’ose pas y croire. À l’heure où il ne fait pas trop bon être un peu plus basané que le commun, va savoir… Tiens faudra qu’on en parle à Devedjian, si prompt toujours à nous rappeler ses origines arméniennes…

brigitte blang prs 57

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