Déclaration de François Hollande
Les Français ne se sont guère mobilisés pour ce premier tour des élections législatives. Beaucoup, sans doute, pensaient qu’après l’élection présidentielle tout était joué, et qu’il n’y avait pas d’enjeu pour ce scrutin.
Nous voulons dire qu’il y a un enjeu, qu’il y a encore un enjeu pour le second tour des élections législatives.
La droite avait tout intérêt à démobiliser les Français, à laisser penser qu’en définitive, il n’y avait même pas besoin d’aller voter.
Ce sont souvent les jeunes et les catégories populaires qui sont les plus vulnérables à l’abstention. Cela s’est vérifié ce dimanche.
Aujourd’hui, le Parti socialiste et la gauche font un résultat certes honorable pour le Parti socialiste, mais pas suffisant au niveau de la gauche pour nous permettre d’être majoritaires à l’Assemblée nationale.
Toute la question est de savoir, maintenant que l’UMP peut prétendre à la majorité au soir de ce premier tour, si cette majorité sera ample ou pas, si elle sera contenue ou pas.
Tout va dépendre, maintenant, de deux éléments essentiels :
• Le premier est la participation au scrutin dimanche prochain : tous ceux qui veulent qu’aucun parti ne puisse contrôler l’Assemblée nationale à lui seul, tous ceux qui craignent que sur le droit du travail, la protection sociale, les services publics, des principes essentiels ne soient remis en cause, tous ceux qui refusent que des cadeaux fiscaux soient accordés à quelques-uns et
• Le deuxième élément essentiel pour ce que sera l’avenir de notre pays pour les cinq ans qui viennent, au-delà donc de la participation, c’est le rassemblement. Le rassemblement de toute la gauche, le rassemblement de tous les républicains, le rassemblement de tous ceux qui sont mobilisés, attachés aux valeurs essentielles de
Il y a des majorités écrasantes qui écrasent, des partis dominants qui dominent, des pouvoirs absolus qui gouvernent de façon absolue.
Voilà l’enjeu de ce second tour des élections législatives.
Il faut avoir de l’équilibre, il faut avoir de la mesure, il faut avoir le sens du progrès.
Je lance donc ce soir un appel pour que tous les électeurs, conscients de cet enjeu, viennent le 17 juin voter pour que
Le moment est important et, même si ce soir je pourrais souligner que le Parti socialiste fait près de 29 %, c’est-à-dire mieux qu’en 2002, je veux ici dire que 40 % d’abstention, c’est trop, c’est trop par rapport à l’enjeu lui-même.
Il faut donc venir voter le 17 juin, venir voter pour des députés de gauche et ensuite, la gauche pourra être utile au pays, faire son travail de renouvellement, de rénovation et de refondation. Elle le fera rassemblée.