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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


A propos de Sarkozy.

Publié par prs 57 sur 10 Mai 2007, 11:34am

Catégories : #prs57

Depuis quelques jours, sur ce blog, fleurissent des commentaires tous plus légers les uns que les autres, ceci en réponse à deux ou trois billets d’humeur, en rapport avec l’élection, puis les vacances maritimes de « notre » président. On nous accuse de « diaboliser » le nouvel élu, de faire rien qu’à les embêter lui et ses amis, tout ça, et aussi qu’on n’est rien que des jaloux qu’on n’a même pas été foutus de gagner cette élection trop trop fastoche et voilà, na ! Une fois qu’ils ont dit ça, reste à nous démontrer que c’est bien nous qui avions tort et eux raison. Pas facile. Nous avons la fibre militante, et bien sûr, depuis le temps, nos idées ringardes, on finit par s’y attacher. Puisque nous sommes définitivement de vieux machins qui ne voulons pas de la modernité que nous propose Nicolas Sarkozy, alors, permettez, jeunes gens, « jeunes populaires » puisque c’est ainsi qu’on vous nomme, de produire ici l’avis d’un homme au-dessus de tout soupçon. Un homme qui a fui la France, lui aussi, mais pas pour des raisons d’impôts trop lourds, pour d’autres motifs, juste un peu plus respectables. Lisez ce qu’écrit aujourd’hui dans l’Humanité un homme qui, un homme que… un homme :

 

« Je suis très attristé par ce résultat. Je pense d’abord à la jeunesse qui doit réfléchir au risque de voir régresser les conquêtes sociales et les libertés durement acquises et qui doit s’organiser avec les partis politiques. Je crois également que notre population attendait des solutions de gauche qu’elle n’a pas entendues. Nicolas Sarkozy a formulé des réponses quand la gauche cherchait des méthodes pour répondre.

Ca m’embarrasse de le dire, mais je trouve que les responsables politiques de gauche se sont beaucoup plus occupés de leurs querelles internes et des relations entre les différents courants que de chercher un projet cohérent qui réponde aux vraies inquiétudes des Français. C’est d’ailleurs intéressant de comparer cela à ce que nous avons vécu à la fin de la guerre. Nous étions loin d’être tous d’accord pendant la Résistance, mais nous avions su formuler un projet cohérent qui a finalement entraîné l’adhésion du pays avec le programme du Conseil National de la Résistance. C’est toute l’importance des législatives, qui s’engagent dans des conditions difficiles dans le cadre du score de dimanche ; et qui exigent que la gauche surmonte ses différences et se batte à front uni. Il ne faut surtout pas que les querelles internes au PS laissent passer le train des législatives. Je sens qu’il y a une exigence de combat à la fois défensif et offensif, qui ne laisse pas le temps de discuter des divergences de projets et d’alliance pour le moment. Le parti Communiste doit également se relever. Nous avons besoin de lui et de ses militants dans notre panorama politique, de son apport dans les conquêtes sociales que j’ai pu constater depuis de décennies. La gauche n’a que quelques semaines pour trouver des accords qui permettent d’éviter un nouveau désastre électoral et de ne pas laisser toutes les clés du pouvoir à Nicolas Sarkozy. Une des conditions d’un combat victorieux à gauche, c’est d’avoir un adversaire commun. Je crois qu’aujourd’hui, nous l’avons. Ce sont les conditions dans les quelles nous nous battions pour l’unité de la Résistance. Alors je voudrais voir les états-majors politiques élaborer cette stratégie-là, sinon je ne sais pas comment on pourra éviter les régressions sociales qui menacent. Il faut dire toute la vérité à la gauche. Aujourd’hui, elle a un adversaire commun qui doit lui permettre de se relever, sans oublier que résister, c’est aussi créer… »

 

Un homme, disions-nous. Et de la plus belle espèce. Oserez-vous lui aussi le traiter de ringard, de dépassé, de partisan ? En fait, oui, partisan, au sens propre du mot. Ces lignes sont de Raymond Aubrac, dans l’Humanité, cette semaine. On a les références que l’histoire nous offre. Et ici, on ne nous parlera pas de récupération. Raymond Aubrac est bien vivant, et il a choisi son camp. Désolée…  

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