Sécu, services publics, partage des richesses : un vote doit trancher
A moins de deux semaines du premier tour, le flot de la campagne présidentielle se resserre. C’est une loi du genre, et les médias qui s’étonnent qu’il y ait encore à cette date nombre d’indécis ont la mémoire bien courte. A moins qu’ils ne cherchent uniquement à vendre du papier. Car l’exercice obéit à des rythmes contraints. C’est toujours dans les derniers jours que le choix du pays se forme. Il faut d’abord que l’alternative se dessine. Commencée sous le signe d’une confusion maximale, la campagne s’achèvera-t-elle sous le signe d’un affrontement droite-gauche assumé ? Nicolas Sarkozy renonce à citer Jaurès, lui préférant Rivarol, et affiche ouvertement sa ligne conservatrice et ultralibérale. Ségolène Royal veut centrer sa campagne sur les questions sociales. Il est bon que cette clarification s’opère, afin que les citoyens puissent trancher une bonne fois le désaccord sur la place de l’égalité sociale et républicaine qui divise notre pays.
C’est peu dire que les médias si enclins à décrypter les tournants de la candidate socialiste n’ont guère souligné celui de Nicolas Sarkozy sur les questions sociales. Certes la réalité de son programme n’a jamais été conforme aux emprunts au lexique de gauche auxquels il se livre dans ses discours. Rien de ce que propose le candidat de l’UMP n’est de nature à contrarier ses amis du MEDEF. Mais ses propositions sur la franchise médicale annuelle constituent un brusque virage dans sa campagne. Jamais jusqu’ici il ne s’était référé de manière aussi explicite à une vieille lune ultralibérale dont la philosophie a été plusieurs fois rejetée par la majorité de nos concitoyens.
La franchise annuelle qu’il propose s’inscrit dans le prolongement des mesures prises par les gouvernements UMP-UDF en la matière : hausse du forfait hospitalier, franchise de 1 euro à la charge du patient pour une consultation simple, franchise de 18 euros pour un acte lourd. Mais elle irait bien au-delà. D’abord parce que cette franchise serait réévaluée chaque année en fonction de l’état des comptes de
Ensuite, cette franchise serait globale et annuelle. C’est-à-dire que toutes les dépenses de santé situées en dessous de son montant, et cela quelle qu’en soit la nature puisque Sarkozy a précisé que la franchise portait aussi bien sur les médicaments, les examens, les consultations et l’hospitalisation, ne seraient plus remboursées. Du coup, une partie des assurés sociaux ne toucheraient plus rien de
Face à la droite qui tombe le masque, la gauche ne manque pas de thèmes sur lesquels affirmer un programme commun antilibéral. La défense de
François Delapierre dans A Gauche jeudi 12 avril 2007.