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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


vers les abysses...

Publié par prs 57 sur 16 Février 2007, 19:54pm

Catégories : #prs57

Plus bas tu meurs!

 

J’ai les boules, comme on dit maintenant pour faire bref. La gauche sombre. Entre d’un côté les médias, qui après avoir beaucoup léché, dorénavant lâchent et lynchent, et d’autre part l’insondable stupidité du dispositif de la gauche coincé entre les bizarreries de « l’ordre juste » et la concurrence libre et non faussée de « l’autre gauche », où va-t-on ? Il y a déjà quelques jours que je note ici mes craintes en ce qui concerne le niveau électoral de la gauche. Bas, trop bas. Plus bas tu meurs. C’est une régression historique ! Les sondages entretiennent ces angoisses. Même s’ils sont autant sujets à questions, ils créent une ambiance qui n’arrange rien de ce que j’entends autour de moi. Je pense avoir dit comment le problème se posait à toute la gauche et non pas seulement aux socialistes. J’ai même eu assez de retenue pour garder mes sarcasmes amers contre les responsables de ce naufrage, qui œuvrent depuis de nombreuses années et singulièrement depuis plusieurs mois pour parvenir à cette débandade. J’ai exprimé les mêmes questions en bureau national du PS et même en séance de comité de campagne le mardi à Solferino. Notamment, avec mesure et circonspection mardi dernier j’ai parlé du désordre dans les têtes de gauche et des commentaires inquiétants dans la manifestation de défense des services publics. Auparavant j’avais au même endroit, à de nombreuses reprises, expliqué le sens de mes positions à l’égard de l’autre gauche et de la nécessité qu’elle se rassemble parce que la gauche serait clouée au sol si elle était déséquilibrée. En vain, bien sûr. Tout cela ne peut pas être connu car certaines journalistes des principales Pravda radio et papier qui « suivent le PS » ont un litige personnel avec moi compte tenu de ce que j’ai dit de leurs méthodes « journalistiques ». Donc, j’y suis tricard quand bien même je parviendrai à marcher au plafond de cette réunion…. Ce sujet m’amuse particulièrement car leur lâchage de la candidate socialiste est en proportion du matraquage partisan qu’elles nous ont infligé pendant les mois de l’élection interne. A présent tous ceux qui leur ont donné à manger en ville se font mordre la main. Oserais-je faire ce reproche à un homme me demanderez vous ? Oui bien sûr. Car j’attribue le prix du lyncheur du jour au journaliste du « Parisien », hier encore commentateur volubile et enthousiaste des tenues de campagne de la candidate, qui note d’une phrase assassine, sans un mot d’explication, et comme un vrai coup de pied de l’âne en concluant son papier à propos des participants au meeting socialiste de Dunkerque hier soir : « Guère remobilisés, les Dunkerquois ont rapidement quitté la salle. Préférant semble-t-il se réserver pour le carnaval » (Le Parisien 16 février 2007, page 6). Que se passe-t-il dans nos chers médias objectifs ? Le niveau de la gauche annonce une victoire de la droite et donc, dans les rédactions, les hiérarchies et les promotions changent de bord. La meute suit et se bouscule pour se faire voir à la curée qui a commencé sans eux. Le pire est à venir dans ce domaine et vous le verrez bientôt car ils se battront entre eux pour être qui plantera le dernier poignard dans le dos de la candidate. Autres affolés remarquables qui craignent de rater la mode, les nouveaux adhérents à vingt euros qui jusqu'à ce jour, comme on le sait, se ruaient vers les collages et les distributions de tracts, le porte à porte et ainsi de suite et qui commencent à hésiter. Leur retournement de veste quand on les croise est si riche d’enseignements sur la nature humaine !!! En les écoutant on voit clairement que la fonction de mémoire et d’éducation des partis ne sert à rien puisqu’ils n’ont même pas appris à parler avec des mots de gauche depuis leur adhésion. Marie Chantal glapit sa déception et elle confie que Jean Patrick a déjà décidé de voter Bayrou car il hallucine de voir comment « elle » n’est pas capable en face de Sarkozy qui leur « fait trop peur » ! Je comprends mieux maintenant pourquoi j’ai eu tort de critiquer leur invasion et combien grâce aux réseaux et à l’Internet un nouvel âge de la démocratie est commencé où nous sommes tous comme des objets de désirs sur les rayons du super marché médiatique. Bon courage aux nouveaux utilisateurs ! J’ai les boules comme on dit aujourd’hui pour faire bref.

Jean-Luc Mélenchon 16 février 2007

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B
Réponse à Erasme de Metz: rien d'autre n'a jamais été dit dans ces pages. Faire barrage à la droite, même si c'est tout de même bien difficile de constater qu'en face de ce pouvoir arrogant, dur et sans concessions, la gauche n'arrive que péniblement à passer la barre des 40%. Un peu trop facile de dire que c'est la faute des autres, toujours les autres. Comme en 2002, si le programme était plus clairement de gauche, on n'en serait pas là. mais apparemment, les têtes penseuses du parti n'ont rien appris.Par ailleurs, et pour répondre définitivement aux attaques qui nous tombent dessus, voir notre campagne, à PRS: Chassons la droite, une autre vie est possible...
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E
C'est long, pas de moi, mais ça m'évite de m'énerver:<br /> Vaincre Sarkozy, maintenant !<br /> Libé 12/02/2007<br /> Marc Abéles, anthropologue (EHESS-CNRS), étienne Balibar, philosophe (Paris-X Nanterre), Robert Castel, sociologue (EHESS), Monique Chemillier-Gendreau, professeur de droit (Paris-VII), Yves Duroux, philosophe (ENS-Cachan), Françoise Héritier, anthropologue (Collège de France), Emmanuel Terray, anthropologue (EHESS), Michel Tubiana, avocat. <br /> Les péripéties de la campagne électorale ­ candidatures projetées ou abandonnées, «petites phrases», polémiques ­ risquent fort de faire oublier l'enjeu principal de l'affrontement. Cet enjeu, quel est-il ? Voici un candidat qui se présente au nom d'une droite nouvelle, et qui représente effectivement une synthèse, inédite en France, entre Thatcher et Berlusconi. Bien entendu, ce candidat multiplie les rideaux de fumée, rend hommage aux «travailleurs», évoque Jaurès et Blum, dont il n'a sans doute jamais lu une ligne, afin d'amuser la galerie.<br /> Mais sitôt qu'il passe aux propositions concrètes, la réalité apparaît. <br /> Elles sont toutes marquées du signe du libéralisme économique le plus offensif. <br /> Qu'on en juge :<br /> - bouclier fiscal à 50 %, vidant de toute substance l'impôt sur la fortune ;<br /> - abolition de l'impôt sur les successions ;<br /> - démantèlement du Code du travail, par l'institution d'un «contrat unique», inspiré de l'actuel CNE, et aboutissant à priver le salarié de toute sécurité effective pendant les premières années de son embauche ;<br /> ­- franchise uniforme sur les dépenses de santé, à la charge des assurés ;<br /> ­- limitation du droit de grève, par l'institution d'un référendum obligatoire au bout de huit jours de conflit ;<br /> - non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux, et notamment d'un enseignant sur deux, avec tous les effets qu'une telle mesure peut produire sur les services concernés.<br /> Si, à ces propositions, on ajoute l'atlantisme agressif affiché par le candidat de l'UMP, on obtient le côté Thatcher. <br /> Quant au côté Berlusconi, il se manifeste sous deux aspects :<br /> l'utilisation sans vergogne de tous les moyens de l'Etat (préfectures, services de police) à l'appui de sa candidature. Que le ministre de l'Intérieur, chargé d'organiser les élections et de veiller à leur loyauté, soit lui-même candidat, voilà qui nous ramène aux beaux jours du second Empire et de la candidature officielle ;<br /> ­les liens étroits qui unissent le candidat aux dirigeants des grands groupes de l'audiovisuel et de la presse écrite : Bouygues, Lagardère, Dassault, etc. D'où le formidable battage organisé par ces groupes en sa faveur.<br /> <br /> Par rapport à ses deux modèles, Thatcher et Berlusconi, le candidat de l'UMP n'apporte que deux touches vraiment originales : d'une part, la multiplication, sous couvert de lutte contre l'insécurité, de textes répressifs instituant un contrôle social de plus en plus étroit sur des catégories de plus en plus nombreuses de la population ; d'autre part l'intensité de l'offensive qu'il mène contre les étrangers ­ non seulement contre les étrangers en situation irrégulière, avec la multiplication des rafles, l'arrestation des enfants dans les écoles, etc. Mais aussi contre les étrangers régulièrement établis sur notre sol, avec la précarisation des titres de séjour et les restrictions draconiennes apportées au droit au mariage et au droit de vivre en famille.<br /> <br /> Face à une menace aussi redoutable, la mobilisation de la gauche devrait être générale. <br /> Or ce n'est pas ce que l'on observe. On observe d'abord un Parti socialiste qui ne défend que très mollement sa candidate contre le tir de barrage auquel elle est soumise. Tout se passe comme si les «éléphants» éliminés avaient décidé de se retirer du terrain et d'assister en spectateurs à la suite du match. Comportement suicidaire, bien sûr, car ils seront eux aussi entraînés, et pour longtemps, dans une éventuelle défaite...<br /> On observe ensuite une gauche de la gauche représentée par non moins de quatre candidats. Comme il est naturel, chacun d'eux veut arrondir sa petite part du gâteau électoral. Il s'en prend donc beaucoup moins à la droite ­ regardée comme hors d'atteinte ­ qu'à ses concurrents les plus proches ou à la candidate socialiste, dont il espère débaucher quelques électeurs. Démarche ruineuse : car qu'on le veuille ou non, plus on jettera le discrédit sur Ségolène Royal avant le premier tour, moins l'appel in extremis à voter pour elle au second tour aura de chances d'être entendu, et on aura finalement travaillé pour le roi de Prusse, ou plutôt pour l'homme de la place Beauvau.<br /> On observe enfin des intellectuels qui se proclament ­ en vertu de quel mandat ? ­ représentants de leur corporation et qui se disent vexés de ne pas avoir été choisis comme experts ou comme conseillers privilégiés. Du haut de leur vanité froissée, ils se déclarent donc prêts, eux aussi, à se retirer sur l'Aventin, ou flirtent avec tel ou tel candidat plus complaisant à leur égard.<br /> Il faut alors le dire bien haut : face au danger qui nous menace, tous ces comportements sont irresponsables. On peut certainement critiquer Ségolène Royal, rejeter telle ou telle de ses propositions, juger qu'à ce jour son projet est trop imprécis. De fait, qu'il s'agisse du nucléaire iranien, du mur israélien ou de la justice chinoise, chacun(e) d'entre nous est en désaccord avec une ou plusieurs des positions qu'elle a dernièrement prises. Par ailleurs, on peut aussi lui faire crédit de sa détermination, et du caractère innovant de sa démarche. Mais une chose est sûre : aujourd'hui comme hier, la gauche et la droite ne peuvent pas être renvoyées dos à dos, surtout quand la droite est représentée par l'apprenti César de Neuilly.<br /> Si Ségolène Royal l'emporte, à supposer même que rien dans ses projets ne nous donne satisfaction, les conditions de notre lutte resteront ce qu'elles sont aujourd'hui ; nos associations pourront s'exprimer, défendre leur point de vue, poursuivre leur action, mobiliser l'opinion et faire pression sur le futur gouvernement, comme elles l'ont fait dans le passé. Rien à voir avec la chape de plomb médiatique et policière qui s'abattra si par malheur l'actuel ministre de l'Intérieur triomphait : demandons à nos amis italiens de nous dire ce qu'ont été les années Berlusconi...<br /> <br /> Car la victoire de Sarkozy, nous savons bien qui en paierait le prix fort : non pas tant les élus socialistes, les militants encartés de l'extrême gauche ou les experts autoproclamés, que, avant tout, les sans-papiers, les demandeurs d'asile, les sans-logis, et l'immense armée des RMistes, des précaires et des travailleurs pauvres, dont la condition s'aggraverait encore, comme elle s'est aggravée en Grande-Bretagne après vingt ans de thatcherisme. C'est en pensant à eux que nous voulons dire fermement : assez de ces petits jeux délétères.<br /> Certains d'entre nous donneront dès le 1er tour leur voix à Ségolène Royal, à la fois pour écarter tout risque de voir se répéter le 21 avril 2002, et pour empêcher que ne se creuse entre elle et Sarkozy un écart qui ne pourrait plus être comblé au second tour ; d'autres donneront la préférence à d'autres candidats. Entre nous, le débat peut et doit être franc et ouvert, à condition de ne jamais oublier que nous nous trouvons dans le même camp, et ce que signifierait le succès du camp adverse. La victoire au second tour se prépare dès aujourd'hui ; elle suppose qu'à l'intérieur de la gauche, la discussion et la critique demeurent fraternelles et préservent les chances du rassemblement final ; elle exige que nos coups soient tous dirigés contre l'adversaire principal."
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