Résolution politique du CN de PRS partie 3/4
La gauche en réinvention
● Le paysage politique à gauche pour la présidentielle achève de se fixer. Nous avons vécu l’épilogue de la démarche engagée par de nombreux militants et organisations pour constituer un rassemblement antilibéral de gauche et présenter des candidatures communes aux élections de 2007.
L’objectif des initiateurs n’a pas été atteint. Il s’est en effet révélé impossible de trouver un consensus sur un nom permettant le rassemblement de toutes les composantes. Faute de s’élargir, la démarche s’est régulièrement rétrécie. Il y a d’abord eu le refus de la majorité de
Pour les militants de PRS qui ont défendu la nécessité de cette « union dans l’union », cet échec est bien sûr une lourde déception. La dynamique d’union de l’autre gauche manquera à l’ensemble de la gauche.
Elle n’était sans doute pas mûre pour offrir un choix véritable au pays, transcendant ses identités particulières dans une construction politique nouvelle. Il y avait trop de désaccords stratégiques en son sein avec des visions contradictoires sur les voies de la recomposition à gauche. Faute d’avoir clarifié ces questions, le débat sur le nom du candidat n’a pu aboutir à un consensus, chacun défendant celui dont il se sentait historiquement ou idéologiquement le plus proche.
● Pour autant nous savons qu’au lendemain des chocs du 21 avril et du 29 mai, la recomposition politique de la gauche est inéluctable. D’une certaine façon, elle est même engagée. Le choix de la candidate socialiste est analysé comme un rejet de l’ancienne structure du Parti socialiste. Déjà, le Bureau national du PS ouvre désormais ses réunions à des représentants du PRG et du MRC. Le futur statut de Désirs d’Avenir, association politique animée par une candidate à l’élection présidentielle, fait l’objet de nombreuses conjectures. La direction du PCF annonce des initiatives pour les législatives.
Quant aux Verts, après avoir débattu d’un rapprochement avec Nicolas Hulot, ils n’ont pas encore finalisé d’accord politique et électoral avec le PS.
Le processus par lequel les forces politiques se réorganisent pour exprimer la réalité des rapports de force sociaux est long et complexe. Il affronte ses propres inerties. PRS pense que l’émergence d’une force politique nouvelle est indispensable pour que puisse se construire un débouché solide à l’aspiration antilibérale majoritaire dans le pays et prendre à bras le corps l’état d’urgence sociale et politique. La construction de cette force politique nouvelle doit se faire en tirant la leçon du double échec du communisme d’Etat (stalinisme) et de la social-démocratie. Elle doit aussi intégrer l’expérience et la dimension pertinente des luttes civiques et alter mondialistes.
● Dans cet objectif, PRS refuse toute logique de règlement de comptes après l’échec du rassemblement antilibéral. Elle ne pourrait rien produire d’autres que d’inutiles blessures retardant ou compromettant cet objectif. Dans la présidentielle de 2007, chaque candidature issue des composantes de ce rassemblement est légitime. Mais aucune d’elles ne peut prétendre être une candidature commune des antilibéraux. Cette mise en commun reste l’objectif dans la réinvention de la gauche désormais indispensable.
Forte de l’expérience accumulée dans la bataille au côté de l’autre gauche pour que se réalise son unité, l’association connaît la part spécifique qu’elle doit prendre dans la réinvention globale de la gauche.
Nous avons bien compris que le « trait d’union » à gauche ne peut se limiter à un nom sur un bulletin de vote ou à un accord électoral. Nous savons qu’il dépend aussi de la production d’une culture commune.
Ses éléments fondamentaux sont déjà repérables aujourd’hui dans les principes républicains. Faire rayonner ces principes, accroître leur compréhension, diffuser leurs objectifs c’est donc participer d’une façon particulièrement engagée à la recomposition de la gauche. Nous réaffirmons donc notre objectif de parvenir à bâtir dans la gauche une « convergence des républicains de gauche ». D’ailleurs ceux-ci sont présents dans les principales organisations de gauche, à tous les niveaux. Ils ont dès lors un rôle clé dans l’élaboration et la diffusion de cette culture commune, ferment indispensable de son union.