Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténér
Le rallye mécanique
Des Mad Max de bazar
A r’commencé son cirque
Au soleil de janvier
Vont traverser l’Afrique
Avec le pied dans l’phare
Dégueulasser les pistes
Et revenir bronzés
Ravis de cet obscène
Et pitoyable jeu
Belle aventure humaine
Selon les journaleux
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré
Et les chiens n’aboient plus
Sous les roues des bécanes
Y’a du sang répandu
C’lui des quelques sauvages
Qui ont voulu traverser
Les rues de leurs villages
Quand vous êtes passés
Tout de cuir et d’acier
Crachant vos décibels
Aux enfants décimés
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré
Ces crétins bariolés
F’ront leur terrain de sport
D’un continent entier
Combien d’années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront l’sol africain
Pour une cour de récré
Les bonbons bien au chaud
Au fond de leurs délicieuses
Combinaisons fluo
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré (paroles de Renaud Séchan)
En 1991… 15 ans, 15 ans à essayer de dire… Mais comme pour l’enduro du Touquet, rien ne se passe, les foules ébahies continuent à admirer les « exploits ». Et dans l’Equipe, on nous dit qu’il va falloir, cette année, éviter les « incidents » de 2006. Incidents ? Késako ? Oh ! Pas grand-chose, une bricole, à peine de quoi s’émouvoir : 2 gamins fauchés par des bagnoles sur le circuit. Attends, qu’est-ce qu’ils faisaient là, ces mômes ? Pouvaient pas être comme tout le monde à l’école ou devant leur télé, pendant que les camions passaient ? Ben, non… Pour eux, justement, le spectacle, c’est ces drôles de mecs, dans leurs drôles de machines… Quand on voit comment les spectateurs suivent le Tour de France, peut-on s’étonner de ce qui se passe en Afrique, au passage des bolides bariolés ? On a donc dit « incident » pour oraison funèbre de ces deux gamins-là… Chez nous, et ceci n’a aucun rapport, je vous le concède, quand un gendarme se fait faucher (tout aussi impardonnable, sans doute aucun…) par un chauffard, on déplace DEUX ministres aux obsèques, deux ministres, dont un candidat officiel. On vit toujours une époque formidable, oui ?
L’image, c’est le seul moyen de se déplacer dans le désert, quand on est un touriste, ça ou ses pieds, éventuellement. Le risque, alors, il est pour vous, seulement pour vous… Et pas bien grand, en plus.