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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


Et surtout la santé, pas vrai ?...

Publié par prs 57 sur 1 Janvier 2007, 08:30am

Catégories : #prs57


« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, mais parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles » Sénèque

 Voilà donc une nouvelle année qui commence, avec son cortège de bonnes résolutions : lire le journal tous les jours, même –et surtout- si on n’en a pas le temps, se mobiliser pour toutes les grandes causes (aider les riches à se faufiler vers la Suisse, tout ça) et autres combats d’importance capitale, aller plus souvent au cinéma, histoire d’alimenter la nouvelle rubrique de Jacques dans l’Aveyron (voyez ça sur PRS 12, ça va être sympa, on vous le promet), quoi d’autre ? Ben tout le reste, faire gagner la gauche avec des idées de gauche, si possible, pas des espèces de trucs racoleurs du genre « Vous avez les bonnes solutions, donnez-les moi… » Vous vous souvenez de qui disait « Vos idées sont les miennes… » ? Voyez plus bas. Bref, une belle année pour tous et pour chacun, que dans un an, on ne soit pas là à se mordre les doigts jusqu’à la clavicule en se disant : « Si on avait su… » comme hier au soir…

 Entendu le palmarès des Français qui comptent, ce matin. Ouais ! Formidable ! Zidane, le roi du coup de boule, tient la tête, c’est bien le moins qu’on pouvait espérer d’un mec qui sait aussi bien s’en servir !  En deusse : Noah, bon… En trois, Hulot, le pote de Chirac. Celui que tous tous tous voudraient comme ami. Tenez-vous bien, Ségolène, la nôtre, enfin, la leur, elle arrive 23ème ! Marrant, non ? Sarko, malgré le Sarko-show permanent sur toutes les télés (538 passages en 2006, quel homme… ! Ou alors, il se dope !), il n’est que 47ème. Première femme au tableau d’honneur : Mimie Mathy… Vous vous souvenez qu’elle a fait un truc spécial Mimie Mathy ? Pas moi. La petite Betancourt, qui se bat tous les jours pour retrouver sa maman, inconnue au bataillon. Les filles des quartiers, qui sauvent la laïcité tous les matins en tombant le voile, nada. La caissière de grande surface qui a risqué le licenciement pour aider plus pauvre qu’elle, pas davantage. Voilà donc qui est meilleur au pays de chez nous : un tapeur dans le ballon et une actrice de série-télé. Pas une once de mépris dans tout ça, attention. Seulement de l’étonnement. Avant, on avait l’Abbé Pierre. Vous allez me dire, un homme d’Eglise, normal qu’il fasse le bien. On est d’accord, à mille pour cent. Mais, c’est juste pour s’inquiéter, où elles sont les priorités, aujourd’hui ?

Quoi encore : ah oui, ça me turlupine depuis un moment, la banalisation de Le Pen. Déjà, en traversant le pays cette semaine, un peu partout, ces affiches, ça te colle un de ces bourdons… Chapeau, l’artiste, le gars qui a pris les photos. Tu lui sauterais au cou, à Papy, si tu t’écoutais… Et puis, à y regarder de plus près, c’est bien le même. Le rictus s’est transformé en sourire, mais c’est bien lui quand même, pas de doute. Il serait presque fréquentable, dans son petit pull de marin breton. En même temps, il s’est fait des amis, Le Pen, depuis peu. Dieudonné est venu lui faire la bise à sa Fête des Bleus Blancs Rouges. Sevran le « saltimbanque » (tu parles… saltimbanque ! Là dedans, j’entends banque !) use du même vocabulaire outrancier. Sarko-le-Magnifique y va de son couplet aussi, on dirait que l’autre est derrière lui à lui souffler les répliques, comme un ventriloque à sa poupée. Ses lois sur l’intégration, pur porc frontistes, elles sont. Ses expulsions par charters, sa chasse à l’enfant, son futur « ministère de l’Immigration »  (et pourquoi pas un ministère aux questions raciales pendant qu’on y est ? On lui filerait Frêche comme sous-secrétaire d’Etat, ça nous débarrasserait !), ses reconduites à la frontière, sans parler de sa petite phrase, directement empruntée à l’autre manipulateur de gégène : « La France, aimez-la ou quittez-la, je le dis avec un sourire, mais aussi avec fermeté… » Eh bien, tous ces franchissements de ligne blanche ont tout simplement décomplexé le citoyen, qui n’hésite plus à proclamer « acceptables » ces mots putrides. Voilà comment on se prépare tout doucement à un nouveau second tour sans choix. Il n’a même pas besoin de parler, les autres le font à sa place, à commencer par celui qui veut être calife à la place du calife. Ici, dans nos régions du bout du bout de là en haut, on a déjà eu les plus forts scores pour le Front. On entendait ça et là des arguments du genre : « Incroyable, des patelins où il n’y a pas un Turc !... » Pourquoi ? Ce serait excusable, s’il y avait des Turcs, de voter pour Le Pen ? C’est drôle, toutes ces dérives, non ?  Drôle, je ne sais pas, bizarre à coup sûr. Et ce n’est pas sa belle pub, avec une petite nana métisse (bientôt, un type avec une kippa, et qui sait, un ouvrier ?) qui va y changer quelque chose, il est un foutu raciste, un sale antisémite, un xénophobe avoué. Dites-le autour de vous, dans les repas de famille, dans les réunions des anciens de ceci ou de cela. Dites-le. Cet homme est dangereux. Il va en falloir des explications de texte, des ateliers de lecture, pour décrypter tout le tintouin, mais on va le faire, pour tout : les baisses d’impôts, les exclusions, les privatisations à tout va, la peine de mort rétablie, le statut de la mère au foyer, on va le faire, on se l’est promis. Faisons-le, camarades. PRS 57

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