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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


c'est pas écrit la poste...

Publié par prs 57 sur 6 Décembre 2006, 20:27pm

Catégories : #prs57

                                                            Bientôt les fêtes!


 Oui, bientôt les fêtes, on va écrire aux copains, à la famille et on ne sait jamais, peut-être même il y en a qui vont répondre. Va savoir!... Alors, d'abord, on a acheté plein plein de chouettes cartes chez M. Unicef et puis, tout de suite après, on a couru à la poste pour les timbres, des jolis, avec des Père Noël, tout ça. Bon, nous y voilà. Déjà, pas simple de cibler les horaires. Ils ouvrent qu'on est déjà au boulot. Ils ferment qu'on y est encore... Mon copain Marc, celui qui bosse dans un bureau de poste, justement, il dit que depuis quelques années, faut que ça tourne comme ça. Service public, connaissent pas, qu'il dit, Marc... Connaissent plus, qu'il dit Marc... Bon. On a donc visé le mercredi après-midi, entre 15 et 16, ça devrait le faire. Ouais! C'est tout allumé, là dedans. On entre. Et là, surprise! Y a un sas, dis donc. Un sas, comme à Fort Nox. Il y a écrit: "Sonnez, on vous ouvrira" ou quelque chose d'approchant. Alors, on sonne. Bêtes et disciplinés, on est, dans nos villages (déjà bien qu'on en ait encore une, de poste, on va pas mégoter sur  le coup de drelin...) et la demoiselle de la Poste, elle ouvre. Et pourtant, elle ne me connait pas, la demoiselle de la Poste, c'est une nouvelle. C'est pas Joëlle, la petite facteuse qui m'amène mes recommandés et me fait suivre gentiment mes petits colis quand je suis en vacances à perpète, c'est pas Gaby non plus, le remplaçant qu'on se connait depuis qu'il était dans une de mes classes. Mais en tous cas, elle m'a ouvert, ça c'est sûr. Alors, à quoi il sert, le sas? Si on ouvre à tout le monde, pas la peine qu'il y en ait un. Et si on ouvre à de seuls privilégiés, en quoi, moi, je rentre dans la catégorie de ceux à qui on ouvre?  Ouh la la, je crains l'embrouille. On entre. Bonjour, on dit. La demoiselle, tout sourire: Bonjour! Et nous: Vous êtes nouvelle? On ne se connait pas encore? Elle: Non, on ne se connait pas. Et moi: Alors, pourquoi vous l'avez ouverte votre fichue porte à blindage? Et si j'étais une vraie méchante, façon Ma Dalton? Malaise... Je sens le truc: Z'avez une bonne tête, tout ça... Ca me va pas bien, cette excuse. Et à vous? Et si j'avais la tête de Mamma, ma copine de J'diouia? Ou de Nürsen, celle d'Istanbul? Ou de Synthia, d'Abidjan? Aïe! Aïe! Aïe! Pas bon pour la tranquillité d'esprit cette séquence, oui? D'autant que la journée ne s'arrêtait pas là. Y avait aussi la banque cet après-midi. M. Crémut, vous voulez bien me donner des sous, que j'achète deux trois bricoles. Pareil qu'à la Poste, tout pareil. Sauf que là DEUX qu'il y en a des sas... Deux, je vous jure. Avec des caméras tout partout. Il y avait un type qui essayait de rentrer en même temps que moi. Macache! Ca coinçait. On s'est un peu marrés: Tiens, z'ont plus de thunes, finie la distribution pour aujourd'hui. En attendant, ça coinçait... Et il y avait des gens dedans, ils voulaient sortir, et ils ne pouvaient pas, vu que le monsieur et moi, on avait tout bloqué le tintouin. Pour finir, la fille dedans, Aurélie, qu'elle s'appelle, elle a fini par nous dire dans une espèce de micro qui nous résonnait bizarre dans le double sas, qu'on ne pouvait pas rentrer à deux. On peut seulement rentrer à un, ou une, mais pas à deux. Ah? Et le gars qui vient avec sa chérie, il fait comment? Pour faire court, le monsieur du sas, il est ressorti sur le trottoir, moi je suis entrée, et puis lui il est rentré après moi. On ne pouvait pas se regarder tellement on se marrait. Et puis, à un moment, quand même, il a fini par leur dire: "On est bien en France, là? Pas en Amérique? En France? Le pays de la liberté?"  M. Crémut, il a répondu que même en France, il y a des voleurs et que, si on veut pas être braqués, c'est tout ce qu'il y a à faire. Oui. Je veux bien. Mais le monsieur du sas, il m'a dit, en douce: "Vous êtes connue, vous ici? Parce que moi, c'est la première fois que je viens. Pourquoi ils m'ont laissé entrer?"  

   Donc, deux morales à notre conte de Noël:   

  1) Si tu veux aller acheter des timbres à la Poste, t'as tout intérêt à être connu, ou dans le bon ton,  éventuellement.  

                                                                                                                                                             


2) Si tu veux braquer la banque de la place du marché, vaut mieux te faire accompagner par une copine, connue aussi ou alors, être dans le bon ton...

 Mais , dîtes-donc, j'y pense tout d'un coup!... La Poste, c'est pas non plus une sorte d'espèce de banque, de nos jours? Ben voilà, le coup du sas, suffisait d'y penser!   

   (brigitte blang pour prs57) 

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