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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


les nouvelles du jour

Publié le 5 Avril 2009, 23:12pm

Catégories : #billets d'humeur

(publié le 5 avril)

Un dimanche comme les autres...


Sauf qu’hier, c’était samedi, et pas n’importe lequel.

Nous voilà donc partis à Strasbourg, en train, puisque n’est-ce pas, pour les bus, c’était blindé. On t’a dit et répété que Stras, comme on dit par ici, ça va être coton d’y arriver. Toi, tu connais bien la ville, enfin, que tu crois… Donc, tu prévois, tu prends le plan que les autorités de par là-bas ont édité. Avec des tas de zones orange, rouges et même pas vertes. Toi, tu as tout bien repéré, pour contourner les zones orange, rouges… etc. Tu t’es fait ton petit parcours pour toi tout seul, et c’est parti ! Comme en 68 ! Déjà, faut savoir que les trains, par ici, tu te farcis un nombre non négligeable de kilomètres en voiture avant d’atteindre la gare la plus proche. Jusque là, ça va. Ensuite, tu arrives à Strasbourg. Les copains de là-bas t’ont depuis les aurores fait savoir qu’ils ont « besoin de monde à la buvette ». Et tu te diriges, plan en main vers le lieu censé de la manif. Pour aider à la buvette. Par exemple… Et c’est là que les choses se gâtent. Parce que ton plan magique, tu peux te le ranger, il est tout faux. La zone orange, dis donc, elle s’était étendue comme une tache de fuel sur la Manche après le passage de l’Amoco. À chaque carrefour, des tas de jeunes gens tout de bleu vêtus, harnachés, casqués, gantés, armés, bouclier et le toutim. Des barbelés dans la rivière, des fois qu’il y aurait une attaque de barracudas, va savoir ! Zut ! C’est la guerre ou quoi ? Et on ne nous a rien dit en sortant de la gare ? On a tout essayé. Les petites rues, les grandes rues, les avenues, les passages, macache ! Tout était bouclé ! À un moment, on a essayé de parlementer avec les jeunes gens. Tu parles ! T’as pas ton badge, tu ne passes pas ! Et il fallait faire quoi, pour l’avoir le badge ?  L’un d’eux nous a répondu, sans rire : « Les citoyens normaux, ils l’ont, le badge ! » Fermez le ban ! Être venus de si loin pour apprendre que nous ne sommes définitivement pas des citoyens normaux… Ben mince alors ! Ça nous a fait comme un choc, je vous promets ! *

 Pendant ce temps-là, le temps, justement, il passait, il se faisait 14 heures, et on n’avançait pas des masses. On a filé par le Sud, puisque par le Nord, c’était mort. Pas mieux. Près de l’autoroute, on a croisé des Belges en voiture, ils cherchaient à aller à Colmar. Les pauvres, pas de bol, la préfecture, pour renseigner le chaland dans Strasbourg, devinez qui elle avait placé ? Des Niçois ! Si, des Niçois ! Vous pensez bien que les Niçois, la route de Colmar… Alors, on a joué les panneaux indicateurs, et on les a renseignés, les Belges, et aussi les Niçois, pendant qu’on y était. Mais ça ne nous rapprochait toujours pas de la manif, tout ça. À force de longer, de contourner, on a fini par avancer vers la chose. On était à environ une heure de marche  du Pont de l’Europe, pas encore du Jardin des Deux Rives. Mais il était 15 heures, et le train du retour, il partait à 16 heures. Alors ? Alors on a fait demi-tour, et on est repartis à la gare. Dans une ville déserte. Sans un magasin ouvert. Mais avec plein de jeunes gens vêtus en bleu, avec de drôles de joujoux accrochés aux ceintures. Quelques drapeaux aux fenêtres. Et deux manifestants tout seuls, paumés et tristes en pensant aux copains qui avaient « besoin de monde à la buvette ». En rentrant, on a appris que la manif, elle avait un poil dégénéré. Et que les flics avaient été débordés très vite. Débordés ?  Moi, il y a un truc que je ne m’explique pas, depuis hier soir : on nous l’avait dit depuis 8 jours qu’on attendait des casseurs, des « anarcho-autonomes » comme ils disent, du grabuge, quoi. Alors, monsieur le Préfet, va falloir que vous m’expliquiez ce que faisaient dans la ville (où il n’y avait personne, pas un chat !) des bus remplis de militaires, alors que c’est ailleurs qu’on l’attendait le Bronx, et que c’est justement dans cet ailleurs-là que le Bronx s’est produit. Mais vous allez sûrement me répondre qu’ils étaient là pour vérifier les badges des « citoyens normaux ». Ah ! Là, bien sûr, je ne dis plus rien. La riposte est imparable.

Et puis, au retour, ce matin, la radio t’apprend que des petits enfants vivent dans les égouts, à Rome. Oui, les camarades, vous avez bien lu. Dans les égouts. Ne criez pas si fort, on vous entend jusqu’en Lorraine. Dire des mots comme « Les Misérables », Victor Hugo, Zola, tout ça… Sauf que ca se passe au 21ème siècle et que c’est dans la ville de leur bon M. Ratzinger. Au lieu de disserter sur les capotes, de qui s’en sert ou pas, il ferait mieux d’aller visiter les bas fonds de sa ville dite sainte, le super-évêque. Ça lui ouvrirait les écoutilles. Et peut-être bien aussi à leur premier ministre, Berlu le magnifique, qui se marre tellement avec son nouvel ami, Obama. Même qu’on ne voit qu’eux sur les photos des gazettes. Tiens, Obama, puisqu’on est un brin chiffon, ce soir, pour des tas de raisons, en voilà un qui ne détonne pas dans le système star-ac ambiant. Vous avez vu ce show qu’il leur a fait, en arrivant en Alsace ? Baba qu’ils étaient les Strasbourgeois. Enfin, les Strasbourgeois, faut le dire vite ! Surtout les militants UMP de Strasbourg. Parce que là aussi, fallait être un « citoyen normal » pour pouvoir approcher sa grandeur. Vous je ne sais pas, mais moi, ça m’a fait tout bizarre, cette espèce de spectacle donné aux foules en délire. On l’espérait mieux que ça, non ? Pas vous ? Ah bon…

Et pour finir sur une note un peu marrante, pendant qu’on essayait de trouver un trou dans le mur de Strasbourg, les dames de ces messieurs (et le monsieur de Mme Merkel, on dit aussi qu’il est un « premier monsieur » ?) elles allaient rendre visite à la cathédrale. Photo de famille en sortant. Plein de filles en pantalon. Et aussi deux types en robe. Dont un géant. Ça doit être pour ça que notre président, il n'a pas voulu y aller. Allez, amusez-vous, pendant qu’on peut encore !



 * Et si tu demandais comme ça, en douce, « c’est qui les citoyens normaux ? » On te répondait : ben ceux qui ont le badge. Ben voyons ! Qu’est-ce qu’on est nigaud quand même, de ne pas avoir trouvé ça tout seul…

 

brigitte blang

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F
Samedi 4 avril, les pacifistes ont fait entendre leur voix à Strasbourg malgré les manoeuvres de la police .<br /> Obéissant aux directives de Nicolas Sarkozy, les forces de l'ordre sur place ont sciemment voulu entraver la tenue du grand rassemblement populaire et pacifique et de la manifestation. Ils ont préféré promouvoir l'image des casseurs. Les autorités françaises ont mis en danger des dizaines de milliers de manifestants anti-Otan, pris en étau entre les charges de policiers et les agressions des casseurs. Vingt mille autres personnes présentes dans la ville n'ont pu manifester à cause des barrages policiers sur les ponts strasbourgeois menant au lieu de rassemblement. Des dizaines de cars ont été détournés très loin en amont. Un cortège de 20.000 manifestants allemands a été bloqué à la frontière.<br /> Terroriser des pacifistes venus de loin pour manifester, prendre en otage la population strasbourgeoise pendant une semaine : voilà qui est facile! Cela correspond bien à la société de contrôle que Nicolas Sarkozy veut mettre en place.  Par contre, les habitants ont remarqué la soudaine absence de policiers dans le quartier populaire à proximité du lieu de rassemblement. Les images diffusées en boucle dans les médias étaient donc prévisibles : bâtiments incendiés, scènes de guérillas urbaines. Ceux qui étaient venus seulement pour détruire ont eu libre cours pour le faire.<br /> Ce qui s'est passé à Strabourg est grave pour les libertés.<br /> Ainsi le message de paix porté par les manifestants a été occulté. Les images données de cette manifestation ne feront pas oublier la violence  exercée par les armées de l'OTAN en particulier en Afghanistan.
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B
Merci Aline, pour ton témoignage. Nous n'avons pas pu en faire autant pour les raisons expliquées plus haut. Mais que les événements et leur médiatisation aient été téléphonés, ça ne fait aucun doute. Nous qui sommes restés au centre ville (par obligation! et à notre corps défendant!), on peut te dire qu'en effet, les bleus étaient partout, sauf là où il aurait fallu qu'ils soient. Et pour finir, nous aussi, nous avons été contrôlés à 85 kms de Stras... Trop marrant, non? Allez, à bientôt, tous les citoyens normaux.
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A
Moi je me tâte à savoir si j'envoie une bafouille à la préfecture de police ou à une huile dans le genre, vu qu'il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les "débordements" c'est-à-dire le vandlisme, l'incendie de l'hôtel Ibis etc... ça a bien servi aux policiers à ne pas intervenir dès le début, pour laisser monter la sauce, et après avoir le champ libre pour dire "regardez les méchants manifestants c'est des casseurs il faut leur taper dessus !!!". Moi j'y étais, j'ai eu la chance "ou la malchance?) d'arriver à passer (par un pont où ça sentait encore bien la lacrymo et où j'ai failli faire une crise d'asthme pour commencer...). Bref, d'abord ça, ensuite on arrive sur l'esplanade où étaient les stands et la scène pour les intervenants. impression bizarre, un peu comme dans une cuvette, ça commence dé"jà à sentir mauvais. On a passé bien deux heures là, pendant ce temps l'hôtel et d'autres trucs ont commencé à crâmer. Réaction des flics : au début, rien, puis lancement de gaz lacrymo qui tombent sur l'esplande... sur les stands PG et PCF au milieu d'authentiques pacifistes ! Quelle saine réaction ! Ensuite, départ de la manif... Là c'est le mieux ! et dire qu'on a pas compris sur le moment ! En fait les imbéciles (sic MG Buffet) qui ont incendié l'hôtel ils ont fait exprès, car c'était sur le parcours de la manif !!! Alors le brûler, ça fait venir pompiers et flics, ça bloque le passage, et donc la manif part à l'envers, et là, passage obligé sous un pont de chemin de fer,vdans un vrai goulot d'étranglement ! Les flics choisissent ce moment pour aller vers l'hôtel Ibis "sécuriser la zone pour les pompiers", comme si ils pouvaient pas y aller 2h avant quand ça avait commencé, non, mais des fois... Ah oui moi non plus je ne suis pas une citoyennenormale, je peux pas comprendre... c'est donc ça... Bref, je reprends mon récit. A ce moment, déjà les flics arrivent avec au moins une bonne dizaine de camionnettes dans le sens inverse de l'avancée de la manif, sans forcément ralentir. Alors là on commence par se dire que les flics vont nous écraser et là qu'est-ce qu'on voit??? De l'autre côté de la route (cad à 3m de nous hein c'est pas loin...) vla des "tout noirs" qui attrapent des pierres de ballast (je vous laisse imaginer la taille de la caillasse) et les balancent sur les voitures de flics... Bon, vous me direz, si ils veulent, après tout... Je ne suis pas l'amie des flics, à la base si ça leur chante... Sauf qu'ils visaient certes les flics, mais sans s'émouvoir de toucher les manifestants des partis et pacifistes qui étaient de l'autre côté... Les 3 militants du PG Vosges qui étaient là au milieu des militants PCF ont donc du se protéger des caillasses (en plus on était contre un mur, donc bien coincé, et fallait être doué pour monter par-dessus pour se barrer, certains l'ont fait mais nous on pouvait pas...) puis profiter d'une camionnette de flics qui passait dans le bon sens pour se barrer avec une "protection" dérisoire quand même utile... Suite à ça, on voit les connards (il y a pas d'autres mots, je ne m'arrête pas au poli "imbécile" de ma cher camarade Buffet) qui nous avaient caillassé se mettre au milieu de nous dans la manif ! A ce moment-là, Jean-Charles nous conseille de rester derrière la camionnette PCF avec le SO du parti, ce qu'on fait avec des camarades de Die Linke un peu abasourdis aussi... Puis on arrive sur le pont de l'Europe, la manif oblique à droite, et là nous on s'arrête pour voir ce qu'on fait. Finalement devant la tournure des évènements on décide de ne pas continuer et on va suivre le SO du PCF qui reconduit Francis Wurtz vers la sortie en se disant qu'avec lui on passera peut-être mieux que tout seul (lui c'est peut-être un citoyen normal lol !). Premier barrage : même Francis ne passe pas, même après avoir parlementer !!! Donc on va alors faire 3 ou 4 km le long d'une voie désaffectées avec des camarades du PCF, du POI, des pacifistes écoeurés et d'autres... Certains ont sauté les wagons pour passer par les jardins ouvriers pour aller plus vite, nous nous avons suivi Francis jusqu'au barrage. Et là, on est passé, mais c'est grâce à Francis qui a fait un scandale aux flics, car ceux de la vague suivante ils sont pas passés ! et quelques temps après les flics ont carrément investi les jardins pour empécher les militants de passer par là !!! Et pour passer, la totale ! il faut enlever les autocollants, ranger les drapeaux (un flic a emmerdé un mec du POI qui ne pliait pas son drapeau "comme il faut" ! et montrer une pièce d'identité !!! A quoi ça sert? ils notent pas, alors vraiment à quoi ça leur sert de regarder ta carte? si ils cherchent des casseurs, ils sont en noirs, pas en jean avec un tee-shirt vert et un drapeau rouge (je parle pour moi) ! A moins que je ne me sois déguisée... Je ne me savais pas une dangereuse casseuse...<br /> Bref, journée de merde, tout ça pour rien car les médias ont éclipsé les vraies revendications des militants au profit de la désinformation sur les casseurs (les miliants anti OTAN leur sont assimilés), et en plus une grande frayeur car les caillasses sont pas passées loin !<br /> Alors, après quand les camarades du NPA viennent me dire que ces gens-là "protègent" les manifestants, laissez-moi rire ! Ils viennent pour casser, ils n'ont aucune visée politique (sinon à quoi sert de casser une pharmacie?) et se foutent complétement de mettre les militants en danger.<br /> Au fait, j'ai oublié de préciser que en redescendant de la montagne après le col entre Vosges et Alsace, on a été contrôlé à Sélestat, cad à 70 km de Strasbourg. Alors après quand ils se permettent de contrôler tous les bus qui passent à Sélestat, faut pas me dire qu'ils pouvaient pas agir comme il faut à Strasbourg... Parce que quand on s'est fait caillaser parce que les cons en noir visaient les flics, les flics ont pas réagi ! Alors la question est bien : les flics ne faisaient-ils pas exprès, de façon à ce que les vrais militants soient dégoûtés, se barrent, et après pouvoir taper sur ce qui reste cad des casseurs !<br /> J'espère que ma prochaine visite à Strasbourg sera moins mouvementée ! Mais là, c'était le comble !<br />  <br />  
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