
C’est une petite révolution qui est en train de modifier l’équilibre de la majorité du maire de Paris : depuis hier, le groupe communiste au conseil de Paris devient le deuxième groupe de la majorité de Bertrand Delanoë, passant de 8 à 10 élus. Un « petit bond » qui place les communistes devant les Verts (9 élus) grâce à l’arrivée de deux anciens membres du PS, Danielle Simonnet et Alexis Corbière.
En désaccord avec la nouvelle ligne politique du PS « trop libérale-centriste », ces deux conseillers avaient décidé de rejoindre le Parti de gauche créé par Jean-Luc Mélenchon et donc de quitter le groupe PS au conseil de Paris en novembre.
« Avoir plus de moyens d’expression et d’actions » Pour ces élus qui se réclament toujours du socialisme, pas question « d’abdiquer leur identité » : « Nous rejoignons le groupe PC pour avoir plus de moyens d’expression et d’actions à la mairie de Paris, mais nous ne devenons pas communistes », a expliqué hier Alexis Corbière, lors d’une conférence de presse commune avec Ian Brossat, président du groupe PC au conseil de Paris. « Nous avons des convictions communes, des luttes à partager sur l’Europe, la défense du service public, la laïcité », insiste Ian Brossat.
Même symbolique, cette arrivée au groupe PC est un signe fort envoyé à l’équipe du maire de Paris. Danielle Simonnet et Alexis Corbière n’avaient pas hésité à montrer leur hostilité devant certaines décisions du maire de Paris comme la privatisation d’une partie de la collecte des déchets ou le financement de crèches confessionnelles.
« Attention, nous sommes bien dans la majorité, et notre objectif est de l’éperonner, de renforcer ses actions dans le domaine de la justice sociale, de la solidarité… Ce n’est pas une démarche contre le maire de Paris », précise Ian Brossat.
Au PS, la nouvelle est prise avec flegme. « Je regrette le départ des deux élus PS d’abord parce que j’ai des convergences avec eux, mais surtout parce qu’ils se trompent, estime Bruno Julliard, l’ancien syndicaliste étudiant, membre de la gauche du PS. Contrairement à eux, je pense qu’on peut faire évoluer les choses de l’intérieur. » Jean-Pierre Caffet, président du groupe PS au Conseil de Paris, ne voit pas dans ce rééquilibrage des forces de gauche un « échec de son équipe ». « C’est un problème de ligne politique nationale, notamment sur l’Europe. Cela n’a rien à voir avec la vie des élus PS à Paris », estime le sénateur du 18ème.
Une chose est sûre, Bertrand Delanoë va devoir soigner sa gauche.
par Sébastien Ramnoux
(Alexis à Cuincy 2006 photo PG57)