
Notre camarade Hervé Éon, de PRS en Mayenne, nous communique la « petite histoire » suivante. Un véritable scandale… Comment peut-on écrire ou même énoncer de tels mots ? Est-il possible, au pays de Molière et de Victor Hugo, d’imaginer que de telles ignominies puissent être proférées en public ? Ici, à PRS en Moselle, nous sommes outrés par le dérapage verbal de notre camarade. Comment ? Vous disiez ? Notre président lui-même, en d’autres temps, aurait lui aussi… Non ? Incroyable ! Un homme si mesuré, si aimable, muni d’une épouse aussi policée, et d’amis si raffinés tels Jean-Marie Bigard ou Doc Gynéco… Non. Ça, on ne peut pas le croire. Mais si vous le dîtes, après tout…
Voici donc la chose telle qu’Hervé nous la rapporte :
Attention, on ne joue pas avec les mots...mots tôt, mots tards...con se le dise!!! eh con!!!!
Jeudi 28 août 2008, vers 11h00 je me rendais à vélo, à la manif contre la politique de Sarko, prévue à midi place de la mairie à Laval.
J'avais prévu un carton (format 21x29,7) sur lequel était inscrit « Casse-toi pov'con ». J'avais mis celui-ci … en protection ventrale pour ne pas l'abîmer.
Sur le trajet que j'ai emprunté, boulevard Félix Grat, j'ai entendu les sirènes des motards. Il devait s'agir du convoi présidentiel. Les motards enjoignaient les automobilistes de rouler vite pour libérer le passage. De nature prudent, je me suis rangé sur le côté du boulevard en restant juché sur mon vélo, sans même avoir le temps de me retourner, pour profiter du spectacle.
C'est alors, que 2 personnages en civil, genre pitbulls (j'ai compris rapidement qu'il s'agissait de deux flics), se sont rués sur moi, laissant mon vélo par terre et m'emmenant sur le trottoir, chacun d'eux me tenant un bras pour m'immobiliser et empêcher tous mouvements de ma part. J'ai alors entendu que la voiture de Sarko passait. J'ai pu sortir mon carton, qui portait la mention « Casse-toi pov'con » ce qui m'a valu d'être emmené au poste de police pour audition, étant accusé d'avoir offensé le Président de la République.
Pour le transfert du boulevard Félix Grat au commissariat de Laval, les flics ont accepté de ne pas me menotter. Le véhicule ne pouvant pas transporter mon vélo, j'ai du l'abandonner sur place (après l'avoir cadenassé).
Pour l'audition, j'ai déclaré ne pas reconnaitre que le message était à destination de Sarko. J'ai dit considérer que le message était adressé à celui qui voulait bien le prendre pour lui et que de toutes façons cette expression était de langage courant puisque Sarko lui même l'utilisait.
Je suis néanmoins convoqué en qualité de prévenu, le 23 octobre 2008 à 14h00 devant le tribunal correctionnel de Laval, pour avoir à Laval, le 28 août 2008, en tout cas sur le territoire national et depuis temps n'emportant pas prescription, offensé parole, écrit, image ou moyen de communication en l'espèce un écriteau avec les inscriptions « Casse toi pov’con », le Président de la République française.