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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante de gauche.


lîem n°5

Publié le 21 Mai 2008, 23:12pm



Aujourd’hui : Fallait-il une nouvelle réforme des retraites en 2008 ?

La question du jour : Fallait-il une nouvelle réforme des retraites en 2008 ?

Parmi nos auditeurs, nombreux sont les retraités qui, eux aussi, se lèvent tôt. Ils profitent d’autant mieux de la vie s’ils ont pu bénéficier d’une retraite à taux plein.

Certains prédisent que ce sera de moins en moins le cas.
Ce n’est pas faux. La réforme Balladur de 1993, puis la réforme Fillon de 2003 ont réduit les taux de remplacement et allongé la durée de cotisation. Après avoir tenté d’aligner les régimes spéciaux, le gouvernement envisage à nouveau d’allonger la durée de cotisation à 41 ou 42 annuités.
Ce que ne savent pas nos auditeurs, c’est que ce n’est pas parce qu’on oblige les seniors à travailler plus longtemps que les entreprises leur en donnent la possibilité. L’âge moyen de départ à la retraite est toujours de 58 ans et demi.
Le taux d’emploi des plus de 55 ans est désespérément calé à 38% et les CDD seniors n’ont aucun succès auprès des entreprises, qui n’en n’ont embauché, devinez combien ? Pas plus de 20 ! Il est vrai que les entreprises préfèrent remplacer les plus anciens par des nouveaux: les salaires des plus jeunes sont plus faibles et leur productivité présumée plus forte.
Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation aboutira à ce que de plus en plus de travailleurs ne puissent toucher une retraite à taux plein, puisque les entreprises ne leur laissent pas la latitude de travailler 40 ans, et encore moins 42 ans demain ! Par conséquent leur pouvoir d’achat se réduira.

De plus en plus de seniors seront même concernés par le minimum vieillesse, que touchent après 65 ans ceux qui n’ont pas pu cotiser suffisamment longtemps.

Mais, le minimum vieillesse va être revalorisé ?
Oui, on comprend mieux qu’en prévision d’une telle situation, le gouvernement n’ait pas eu d’autre choix que d’annoncer la revalorisation, à l’horizon 2012, de 25% du minimum vieillesse, qui concerne pour l’instant 610 000 personnes. En l’absence d’une telle revalorisation, ceux qui seront de plus en plus nombreux à être concernés par le minimum vieillesse auraient vu leur niveau de vie se dégrader singulièrement.

Nous sommes donc condamnés à de maigres retraites ?

Il faut dédramatiser ce dossier.La part du gâteau destinée à financer les retraites par répartition dépend de trois facteurs : le taux de fécondité, le taux de croissance du gâteau, la part du gâteau consacré aux salaires (qui financent les retraites).
Le taux de fécondité dépasse désormais 2 enfants par femme, comme en Irlande.
Quant à la croissance et quant aux salaires, ils ne sont pas condamnés à être bridés par des politiques de rigueur. On peut toujours espérer que des politiques keynésiennes voient enfin le jour en Europe. En attendant, une hausse des cotisations ne paraît pas insupportable.
La productivité devrait enfin bénéficier des bienfaits des nouvelles technologies et de la sacro-sainte économie de la connaissance. Comme nous pourrons produire plus en travaillant moins, nous ne sommes pas condamnés à nous lever tôt jusqu’au bout de la vie, sauf pour écouter France Inter.


Le dicton du jour : Il est du cinéaste John Cassavetes : « l’essentiel n’est pas que le film soit bon ou mauvais, mais qu’il ait été possible ».

 

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