Soufflez, soufflez les bougies…
Riche en anniversaires, on vous l’avait annoncé dès le 1er janvier, cette année en 8. Et d’ailleurs même que sans 8, ça se pose un peu là aussi. Préparez-vous, vous allez passer cette journée sous le signe du Sarkozy gagnant. Vous allez voir qu’ils vont nous repasser en boucle l’épisode Fouquet’s, et le Johnny beurré comme un petit Lu qui bafouille sa fierté d’en être aussi des amis du roitelet, et les Champs noirs de monde, et avec un peu de chance, ils vont bien nous remettre Mireille Mathieu et ses colombes et Enrico qui pousse la gaffe du siècle « Ah qu’elles sont jolies les filles de Sarkozy » sans se rendre compte que ces filles-là, elles s’appellent Martin comme leur Papa ! Mais ce qu’on aimerait tous réentendre, c’est le discours de ce soir-là. Et celui-là, m’étonnerait fort qu’ils osent… Alors, pour dire que nous, on avait compris bien avant les fameux « déçus du sarkozysme », on va vous en remettre une louche. Y a qu’à demander.
« … Le peuple français s'est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je veux réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d'être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres.
Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en œuvre parce que c'est le mandat que j'ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français. Je le ferai dans un esprit d'union et de fraternité. Je le ferai sans que personne n'ait le sentiment d'être exclu, d'être laissé pour compte. Je le ferai avec la volonté que chacun puisse trouver sa place dans notre République, que chacun s'y sente reconnu et respecté dans sa dignité de citoyen et dans sa dignité d'homme. Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usés doivent savoir qu'ils ne seront pas abandonnés, qu'ils seront aidés, qu'ils seront secourus. Ceux qui ont le sentiment que quoi qu'ils fassent ils ne pourront pas s'en sortir doivent être sûrs qu'ils ne seront pas laissés de côté et qu'ils auront les mêmes chances que les autres.
J'appelle tous les Français par-delà leurs partis, leurs croyances, leurs origines, à s'unir à moi pour que la France se remette en mouvement.
J'appelle chacun à ne pas se laisser enfermer dans l'intolérance et dans le sectarisme, mais à s'ouvrir aux autres, à ceux qui ont des idées différentes, à ceux qui ont d'autres convictions.
…Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu'ils peuvent compter sur notre amitié…
…Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix… »
On vous fait grâce du reste. Mais reconnaissons au moins à ce type le mérite d’avoir tenu ses promesses. Il ne nous aura pas menti, soyons justes : autorité, morale, respect, tout spécialement pour les marins-pêcheurs, d’ailleurs ! Déjà, il nous parlait de croyances, et de concurrence des mémoires. La sienne a tendance à le laisser un peu tomber ces jours derniers, on ne va pas lui en vouloir pour si peu ! Pour les Américains, rien à dire. Par contre, les Africains, après le discours de Dakar, ça a dû leur faire tout bizarre de comprendre ce que fraternité signifie dans la bouche de ce président-là… Ça a du bon, parfois, les anniversaires, pour ne pas trop vite oublier les bonnes pages de l’histoire, non ?
Mais le pire, dans tout ça, ce n'est pas de se dire déjà un an, mais bien plutôt: Encore quatre ans!
(et puis, ce jour, il y a 150 ans naissait à Arras Maximilien Marie Isidore de Robespierre. Fallait bien trouver autre chose à fêter…)
brigitte blang