La gazette d'@rrêt sur images, n° 16
Des Parisiens et des Parisiennes, en maillot de bain, qui bronzent sur les quais de la Seine : ce n'est pas une scène de Paris-plage. C'était en pleine Occupation, en 1942, à Paris. Alors qu'à quelques rues de là, la police française raflait les Juifs, un certain Paris musardait à la terrasse des cafés, et profitait de la vie.
Oui, ce Paris qui bronzait et se gobergeait sous l'Occupation a bel et bien existé. Et cette exposition nous apporte bel et bien ce rappel dérangeant. Mais fallait-il réunir ces photos, prises par un photographe collaborateur, dans une exposition, à Paris, en 2008, sous le patronage de la mairie de Paris, sans la moindre distance critique ? Au risque de faire croire que l'Occupation nazie fut une partie de plaisir, et un festin permanent ? La question est encore assez brûlante pour que la mairie de Paris ait retiré en catastrophe les affiches de l'exposition, et pour que le commissaire de l'exposition ait refusé de venir sur notre plateau. Comment cette exposition a-t-elle pu avoir lieu ? Qui était André Zucca, le photographe auteur des clichés ? C'est le thème de notre dernier dossier (1), et de notre émission de cette semaine (2).
Tout à fait autre chose. Annonces, démentis : les couacs gouvernementaux se succèdent. « Je n'ai jamais dit ça ! » a ainsi assuré la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, à l'Assemblée Nationale, à propos de l'idée du dé-remboursement des lunettes par la Sécurité sociale. Dans un cas comme celui-ci, tout décryptage est superflu. Place donc au montage vidéo, qui permet de juxtaposer le démenti de la ministre à l'extrait de son intervention, deux jours plus tôt, où elle proposait bien... ce qu'elle jura ensuite n'avoir jamais proposé. Allez regarder notre petit montage (3) et, s'il vous convainc, n'hésitez pas à l'envoyer à vos amis. Grâce à Dailymotion, c'est maintenant possible.
Daniel Schneidermann