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le blog de brigitte blang

l'actualité politique vue par une militante du parti de gauche.


carton rouge

Publié le 11 Juin 2008, 23:01pm

Catégories : #pas content et on le dit!

La France, par la main de son Premier ministre, va donc signer l’extradition de Marina Petrella. Activiste italienne dans les années de plomb, elle s’était réfugiée chez nous. François Mitterrand avait promis en ce temps-là la protection de notre pays à Marina et ses amis. Parmi lesquels Cesare Battisti. Voilà de nouveaux présidents aux affaires. Et, autre temps, autres mœurs, la parole de la France est bafouée. On a arrêté Marina. Devant sa petite de dix ans. On l’a jetée au cachot. Elle y est encore. Et maintenant, on va l’extrader. Réveille-toi, Mitterrand, ils ont bradé ta parole ! J’en entends déjà, et parmi mes amis les plus chers, qui vont encore me dire que je joue au chevalier des causes perdues.  Que ce n’est pas bien défendable de se battre pour ces gens-là qui ont assassiné et abattu froidement des dizaines (des dizaines, vraiment ???) de braves italiens qui n’y étaient pour rien. Soit. Mais moi qui ne possède, contrairement à notre bien-aimé président, qu’un seul cerveau,  et qu’un cœur aussi, correctement irrigués tous les deux, je préfèrerai toujours être du côté de la révolution que de celui de l’ordre établi, fût-il juste. En attendant, et pour recadrer le topo, je vous remets ici le texte de la chanson que Dominique Grange a consacrée à cette affaire. Ça s’appelle Droit d’Asile.



Droit d’asile

 Paroles et musique Dominique Grange
 
Ils sont venus de Florence                                           Donne, donne-moi,
De Rome ou bien de Milan                                          Donne-moi le droit d’asile
Dans notre beau pays de France                                   Je voudrais accoster
Après les années de plomb                                          Donne, donne-moi,
Ils portaient des noms d’ailleurs                                   Donne-moi le droit d’asile
Paolo, Roberta, Oreste                                                Si je reprends la mer…
Impénitents voyageurs                                                J’irai droit aux galères
Enrico ou Cesare                                                       
                                                                               Un beau jour le Président
Donne, donne-moi,                                                    S’en est allé sans crier gare
Donne-moi le droit d’asile                                           Et bientôt son remplaçant
Je voudrais accoster                                                   A trahi ses engagements
Donne, donne-moi,                                                    Paolo persécuté
Donne-moi le droit d’asile                                           Par l’Europe judiciaire
J’ai déjà jeté l’ancre…                                                Fut conduit à la frontière
Je n’veux plus bourlinguer                                          Puis dans un cachot fut jeté
 
Sans boulot, sans domicile,                                          Donne, donne-moi,
Sans repères et sans copains,                                       Donne-moi le droit d’asile
Les débuts furent difficiles                                           Je voudrais accoster
Dans les années quatre-vingt                                        Donne, donne-moi,
Mais un jour le Président                                             Donne-moi le droit d’asile
Leur offrit sa protection                                               L’exil interminable…
Et pendant plus de vingt ans                                        M’empêche de rêver
Rien n’altéra cette illusion                                          
                                                                               Marina ou Cesare
Donne, donne-moi,                                                    Camarades venus d’ailleurs
Donne-moi le droit d’asile                                           Les italiens réfugiés
Je voudrais accoster                                                   Vivent à nouveau dans la peur
Donne, donne-moi,                                                    Car vingt-cinq années plus tard
Donne-moi le droit d’asile                                           Il revient le cauchemar
‘Y a quelqu’un qui m’attend…                                      Avec l’État qui crie vengeance
Là-bas sur la jetée                                                      Et veut briser leur existence
 
Peu à peu ils ont forgé                                                Donne, donne-moi,
Avec des femmes, avec des hommes                            Donne-moi le droit d’asile
Des amours, des amitiés                                             Je voudrais accoster
Dont ils ne furent pas économes                                  Donne, donne-moi,
Et les petits qu’ils ont faits                                           Donne-moi le droit d’asile
Ne peuvent s’endormir le soir                                     Je veux rester ici…
Sans recevoir leurs baisers                                          Où mon enfant grandit.
Ils ont bien trop peur dans le noir                               

                                                                               (Paris, 2003)

 

À Paolo Persichetti, extradé en août 2002 et emprisonné depuis dans les geôles italiennes. À Cesare Battisti, en cavale depuis 2004, arrêté en mars 2007 et enfermé depuis dans les geôles brésiliennes. À Marina Petrella, arrêtée en août 2007, enfermée depuis lors dans les geôles françaises et aujourd’hui sous une menace d’extradition vers l’Italie où elle a été condamnée à la prison à perpétuité pour des faits remontant à plus de 25 ans. Aux réfugié(e)s italien(ne)s dont la liberté est à nouveau menacée par la remise en cause  de la protection garantie par le Président Mitterrand, en 1985, à des femmes et à des hommes qui ont reconstruit ici leur vie depuis plus de vingt ans parce qu’ils ont fait confiance  à la parole donnée par notre pays.

 

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B
Bonjour Alain. Ça y est la villégiature est terminée? Chouettes les montagnes? Pour moi, les Alpes, c'est dans un petit mois. Trève de tourisme et de repos, l'ordre juste, tu te souviens, c'était un des slogans de notre candidate de 2007. Misère, misère... Entre deux prières à Notre-Dame des Angoisses à Florence, elle ferait bien d'aller plaider la cause de ces futurs extradés, que son mentor (Mitterrand, son mentor, là encore, misère, misère...) avait promis de protéger. Nous n'acceptons pas le fait accompli, c'est bien pour ça que cet article est dans ces pages. Nous n'accepterons pas qu'on bafoue notre parole. Mais la mobilisation ne semble plus au menu. Comme toi, je me sens triste, très triste, trop triste. Faudrait bien en parler, un de ces jours, qu'en dis-tu?
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F

l’ordre établi, fût-il juste. Alors là Brigitte tu y vas fort l'ordre Berlusconien comme l'ordre Sarkozyen est tout sauf juste. C'est l'alliance de Mussolini, Pétain et Laval. Ce qui est triste c’est que nous puissions l’accepter avec une telle indifférence. Nous devenons de tristes citoyens à l’image de nos dirigeants notre cœur n’a plus de sentiments. Malheureusement les exemples sont nombreux : précarité, travailleurs pauvres, démantèlement de l’Etat, Palestine, immigrés… Triste comme le temps de ce printemps. Alain
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